13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 16:55

Selon les dernières projections du Fonds monétaire international (FMI), l’Union du Myanmar (« Pays merveilleux » – ex-Birmanie) connaîtra la croissance la plus rapide de la planète en 2016, à + 8,6 %, selon Quartz. Le secteur agricole a un potentiel immense – dans le passé le pays fut le principal exportateur mondial de riz – et sa main-d’œuvre peut alimenter des usines à très bas coûts comme pour le textile ou la chaussure. Mais il reste un long chemin à parcourir sur la voie du développement. Le PIB par habitant en 2015 n’était que de 1 300 dollars environ, entre le Bangladesh et le Yémen, très loin des 6 000 dollars de la Thaïlande voisine. Aung San Suu Kyi, qui tient les rênes du nouveau pouvoir, derrière le président Htin Kyaw, aura pour priorité, hormis la paix civile, l’économie. Celle-ci est dans un état épouvantable, remarque Foreign Policy. Un quart de la population vit dans la pauvreté, les infrastructures de transport sont les plus mauvaises d’Asie du Sud-Est. Le nouveau gouvernement de la National League for Democracy concentre ses efforts sur l’agriculture, 70 % des Birmans habitant en zone rurale. Il veut aussi accroître les revenus fiscaux de l’Etat (actuellement à seulement 5 % du PIB) pour financer le développement. Quelles sont les chances de succès du nouveau pouvoir ? La nouvelle équipe inspire la confiance, mais elle doit faire la preuve de ses compétences. Surtout les priorités du gouvernement peuvent entrer en conflit avec les intérêts des militaires de la vieille garde. Ceux-ci détiennent encore des postes importants au cabinet et un quart des sièges au Parlement. Et leurs intérêts dans l’économie sont nombreux et souvent opaques. Le secteur agricole est improductif car les agriculteurs hésitent à investir dans des terres dont ils pourraient être expropriés par les militaires. La question des droits de propriété est donc essentielle. Le secteur minier est aussi sensible, car les militaires se sont enrichis en pillant les ressources minières du pays, notamment le jade. Il faudra donc changer le comportement des compagnies minières ; ce qui risque d’attiser les tensions avec l’armée. Certains militaires sont ouverts au changement ; d’autres non. Certes, certains secteurs se sont libéralisés, notamment les télécommunications, et les réformes ont entraîné un boom de l’investissement étranger, expliquait Forbes. Mais d’autres restent peu ouverts à la concurrence. Dans ce contexte, l’avenir du pays dépend de la capacité et de la volonté d’Aung San Suu Kyi de défier les intérêts des militaires.

LE MONDE | 13.04.2016

http://abonnes.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2016/04/13/la-birmanie-en-plein-boom-face-au-defi-des-reformes_4901164_3216.html

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