4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 16:41

C’est une Asie à deux vitesses que décrit le Fonds monétaire international (FMI) dans la dernière édition de ses Perspectives pour l’Asie et le Pacifique, publiée mardi 3 mai. D’un côté la Chine et le Japon, dont l’économie ralentit. De l’autre, une Inde et une Asie du Sud-Est dynamiques. L’institution, qui veille sur les grands équilibres financiers de la planète, prévoit un taux de croissance pour la région de 5,3 % en 2016 et 2017, contre une précédente estimation de 5,4 %. Depuis ses prévisions d’octobre 2015, les marchés ont subi le contrecoup de l’essoufflement économique chinois et de la dégringolade des cours du pétrole. Des milliards de dollars de valorisation sont partis en fumée.

« L’Asie reste la région la plus dynamique du monde mais elle fait face à de forts vents contraires, dus à la faiblesse de la reprise globale, au ralentissement des échanges mondiaux et à l’impact à court terme de la transition économique chinoise », souligne le rapport. La croissance de la Chine, moteur crucial pour l’économie mondiale, va s’élever à 6,5 % en 2016, et à 6,2 % en 2017. C’est un peu mieux que les prévisions d’octobre 2015, même si elles demeurent largement en deçà des 6,9 % de 2015, le taux de croissance le plus faible en Chine depuis un quart de siècle.

Le Fonds relève que les autorités chinoises s’efforcent de rééquilibrer le modèle économique vers les services et la consommation intérieure. Mais il s’inquiète du niveau élevé des créances douteuses et des remèdes du gouvernement. La presse chinoise a récemment rapporté que Pékin envisageait de convertir une partie des créances qui plombent le bilan des banques en participations dans les entreprises endettées mais aussi de les amalgamer en produits financiers susceptibles d’être revendus.

Autre maillon faible

L’économie japonaise est l’autre maillon faible de la région. Le FMI a réduit de moitié sa prévision de croissance pour 2016, à 0,5 %, et prévoit même un taux de croissance négatif en 2017 (– 0,1 %). Le Fonds cite le problème posé de longue date par une population vieillissante et une dette énorme, mais aussi les difficultés liées au renchérissement du yen, au plus haut depuis dix-huit mois face au dollar.

L’Inde est le pays qui tire le mieux son épingle du jeu avec une croissance qui devrait atteindre 7,5 % cette année et l’année suivante contre 7,3 % en 2015. « Le pays est peu dépendant de la Chine, et peut encore compter sur une main-d’œuvre bon marché », justifie Shang-Jin Wei, l’économiste en chef de la Banque asiatique de développement (BAD). Parmi les pays de l’Asean, l’Indonésie, les Philippines et le Vietnam affichent une croissance particulièrement dynamique, avec des taux respectifs de 4,9 %, 6 % et 6,3 % pour 2016. « Les industriels implantés en Chine délocalisent une partie de leur activité dans ces pays où le coût du travail est bien plus compétitif », explique Shang-Jin Wei. « Pour profiter de cette vague, ces pays doivent cependant moderniser rapidement leurs infrastructures, car le transport des marchandises et l’approvisionnement en électricité demeurent d’importants goulots d’étranglement. »

LE MONDE ECONOMIE | 04.05.2016

http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2016/05/04/le-taux-de-croissance-chinois-tomberait-a-6-2-en-2017-selon-le-fmi_4913688_3234.html

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