26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 16:16

Face aux critiques qui l’accusent de ne pas poursuivre des mesures de libéralisation chocs afin de réorganiser l’économie de son pays, le premier ministre indien répond dans le Wall Street Journal qu’il a fixé un chemin de croissance accélérée indispensable. Mais, a-t-il ajouté, « j’ai encore une tâche énorme à accomplir ». Malgré les attentes, les réformes sont progressives. M. Modi a abandonné, l’an dernier, la loi qui aurait rendu plus facile l’acquisition de terres agricoles pour l’industrie et les infrastructures. Or, la difficulté d’obtenir des terres est largement citée par les fonctionnaires et les investisseurs publics comme un problème critique qui a freiné le développement. M. Modi suit souvent une voie médiane. Par exemple, il a exprimé sa réticence à vendre les entreprises publiques, soulignant qu’elles jouaient un rôle important dans l’économie. Mais il a souligné la nécessité de progresser dans la cession des participations minoritaires de l’Etat et d’accroître la participation des entreprises privées dans les secteurs autrefois dominés par l’Etat. De même, sur la Sécurité sociale, il a œuvré pour rendre les subventions plus ciblées et réduire la corruption pour les obtenir, plutôt que de changer radicalement les systèmes sociaux. Le desserrement des restrictions sur les investissements étrangers a contribué à une forte hausse des investissements directs étrangers, qui ont augmenté de 29 % à 40 milliards de dollars l’an dernier. L’économie de l’Inde a crû de 7,6 % l’an dernier. Mais une mesure qui donnerait clairement une impulsion majeure est un impôt général sur les biens et des services, qui remplacerait un maquis de taxes et serait plus favorable aux affaires. Cependant M. Modi a été incapable de faire passer la législation requise à la chambre haute du Parlement, où son parti, le BJP est minoritaire. Il espère toutefois faire passer la loi cette année. Enfin, les relations entre New Delhi et Washington se sont considérablement renforcées. Washington souhaite que l’Inde devienne économiquement et militairement assez forte pour servir de contrepoids à la montée de la Chine. M. Modi a commenté ainsi ces liens bilatéraux croissants : « Si nous voulons assurer le succès de ce monde interdépendant, je pense que les pays doivent coopérer, mais, en même temps, nous devons aussi nous assurer qu’il y ait le respect des normes et des règles internationales. »

LE MONDE | 26.05.2016

Par Edouard Pflimlin

http://abonnes.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2016/05/26/narendra-modi-reforme-t-il-l-economie-indienne_4926970_3216.html

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