28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 10:51

I) QUELLE SERA LA POLITIQUE ETRANGERE DE DONALD TRUMP EN ASIE ?

La prochaine politique étrangère menée par le futur président des Etats-Unis, Donald Trump laisse l’Asie dans une grande perplexité. Quel changement pour cette région considérée comme « le moteur de la croissance mondiale» dans la formule choc « le 21ème siècle se fera en Asie-Pacifique » ? Les Etats-Unis cèderaient le leadership à la Chine ? De l’ignorance du début, Donald Trump semble se ressaisir sous l’impulsion de ses conseillers. Car l’Asie-Pacifique reste et restera stratégique pour Washington. De l’incidence du drone sous-marin américain — « volé par la Chine », qualifié ainsi par Trump lui-même, dans les eaux internationale de la mer de Chine méridionale, — à la nomination de Carl Icahn, un partisan de la ligne dure vis-à-vis de Pékin, comme conseiller spécial, en passant par la promesse faite à la Navy de porter l’effectif à 350 navires de guerre contre 272 actuellement, la prévisible confrontation de dissuasion militaire et la tension économique entre Washington et Pékin seraient tout sauf imprévisibles.

L’élection surprise de Donald Trump aux Etats-Unis a envoyé une onde de choc à travers le monde. L’Asie n’en fait pas l’exception car, aussi incroyable que cela peut paraître, l’homme d’affaires devenu président-élu de la plus grande puissance sur terre fait montre d’une ignorance totale des enjeux géopolitiques de cette région pourtant vitale aux intérêts américains.

Depuis la fin de la guerre mondiale, l’Amérique s’est toujours employée à entretenir des alliances et des partenariats divers avec des pays d’Asie comme le Japon, la Corée du Sud, Taiwan, Philippines et autres pays de l’ASEAN, qui forment ainsi une chaîne d’endiguement de la Chine communiste.

Au fur et à mesure que la Chine devient une puissance économique et militaire qui sort de ses décennies d’isolement et qui cherche maintenant à montrer ses muscles et se faire respecter à sa manière forte, cette chaîne d’endiguement revêt une importance stratégique croissante pour les Etats-Unis et leurs alliés asiatiques. Ces derniers, en Mer de Chine orientale — Japon, Corée du Sud, Taiwan — et en Mer de Chine méridionale — les pays maritimes de l’ASEAN, — comptent sur la protection des Etats-Unis pour faire face à un expansionnisme chinois de plus en plus agressif.

C’est en réponse à l’angoisse sécuritaire de ces pays que le Président Obama a lancé depuis son élection en 2008 le fameux « pivot vers l’Asie », avec la promesse de transférer vers la région Asie-Pacifique une grande partie des ressources stratégiques américaines. Malheureusement, la montée en puissance de DAECH et l’aggravation de la situation au Moyen Orient a obligé Obama à ne réaliser que la moitié de cette promesse, laissant dans leur soif sécuritaire les pays amis asiatiques, en particulier ceux qui subissent de plein fouet les incursions chinoises en Mer de Chine méridionale.

L’Asie du Sud-Est entre Pékin et Washington

Les pays de l’Asie du Sud-Est en particulier sont souvent partagés entre d’une part la peur de la Chine et d’autre part, la tentation de profiter des générosités économiques et commerciales qu’offre la 2ème économie du monde.

Sans parler des pays de l’ASEAN comme le Laos et le Cambodge, qui sont déjà passés résolument sous l’influence chinoise, l’incertitude croissante sur la volonté ou la capacité américaine de les défendre contre la Chine vient ces derniers mois de pousser les Philippines et la Malaisie à se rapprocher davantage de la Chine. Dans le cas des Philippines, pourtant allié américain de longue date, luttant contre les incursions chinoises dans ses eaux économiques et territoriales, Rodrigues Duterte, son nouveau président, a suscité la consternation générale en se rendant en Chine pour y déclarer sans équivoque sa «séparation avec les Etats-Unis » et pour qualifier la Chine de « meilleur ami » de son pays. La Malaisie quant à elle vient de conclure d’importants marchés avec la Chine et est même allée jusqu’à passer commande des bâtiments de guerre chinois.

Suite à cette « défection » de Manille et de Kuala Lumpur, le Vietnam se retrouve quasiment seul face à la poussée agressive chinoise en Mer de Chine méridionale. A la différence des Philippines, le Vietnam n’est pas un allié américain dans le vrai sens du terme même si ces dernières années voient un réchauffement des relations avec les Etats-Unis. Il a par ailleurs pris la précaution de nouer un partenariat de défense avec l’Inde, la puissance sud-asiatique soucieuse elle aussi de limiter la poussée chinoise pour qu’elle ne déborde pas dans l’Océan Indien. Cette posture de la défense et d’alliance contre la Chine n’a cependant pas empêché Hanoi à nouer à son tour des accords de coopération économiques avec Pékin.

Conscient du recul de l’influence américaine en Mer de Chine méridionale, le Japon, pour qui cette mer revêt une importance vitale comme route d’approvisionnement en ressources énergétiques, tente d’apporter ses aides aux pays de la région pour leur permettre de faire face à la Chine et d’empêcher que cette mer ne devienne un lac chinois. Le Japon est cependant limité par les contraintes de sa Constitution pacifique. Le maximum que Tokyo peut se permettre à ce stade est de fournir des navires de surveillance côtière — donc équipements non militaires — au Philippines et au Vietnam.

Précisément, le Japon est un autre allié américain, hostile à la Chine, qui commence à s’interroger sur la sincérité des promesses américaines de le défendre et sur l’efficacité du « parapluie nucléaire » qu’offre Washington.

En dépit d’un important déploiement de forces américaines sur son sol, le Japon ressent toujours une menace croissante de la Chine avec laquelle il est en litige territorial en Mer de Chine orientale. Le sens de crise s’est accentué suite aux tirs de missiles et aux essais nucléaires d’une Corée du Nord totalitaire et militariste.

Avec l’érosion de la confiance pour la protection américaine, le premier ministre nationaliste au pouvoir à Tokyo cherche à amender la Constitution afin de se doter d’une véritable armée, à la place de ses Forces d’Auto-Défense aux missions purement défensives, et a récemment entamé un rapprochement avec la Russie. Avec une offre de coopération économique généreuse en faveur du développement de la région orientale russe, Tokyo espère obtenir le retour des 4 îles occupées depuis 1945 par l’URSS/Russie. Mais, à terme, ce rapprochement pourrait conduire à une certain partenariat nippo-russe pour parer ensemble à l’expansion irrésistible chinoise que Moscou ressent aussi comme une menace pour son vaste territoire extrême-orientale.

C’est dans ce contexte que tombe la « Bombe Trump » !

L’incertitude et l’angoisse sécuritaires en Asie atteint leur apogée avec l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, non pas pour une politique bien définie que ce dernier envisage pour l’Asie, mais précisément pour l’apparente absence de toute connaissance qu’il a pour cette région.

Pendant sa campagne, le Candidat Trump a déjà surpris le monde en tenant des propos trahissant une ignorance totale de ce qui se passe dans le monde et surtout en Asie.

Il a commencé par accuser la Chine de manipulation monétaire alors que cela fait des années que celle-ci ne la fait plus. Il menace d’imposer des tarifs de 45% sur les produits chinois, sans savoir que les ripostes chinoises prévisibles conduiraient à une désastreuse guerre commerciale. Il accuse le Japon d’abuser commercialement des Etats-Unis en vendant massivement ses voitures sur le marché américain, mais cela fait 30 ans que les Japonais construisent en Amérique même leurs voitures destinées au marché américain. Claquer la porte aux voitures nippones signifierait le chômage pour des centaines de milliers d’Américains.

Immédiatement après son élection, Trump a confirmé qu’il allait retirer les Etats-Unis de l’accord de libre échange TPP (Trans-Pacific Partnership) qui regroupe 12 pays autour du Pacifique sous l’égide américaine et qui est généralement considéré un rempart économique contre la Chine, devant empêcher que le cadre économique et les règles commerciales de la région Asie-Pacifique ne soient dictées par la 2ème puissance économique du monde.

Donald Trump semble se moquer du fait qu’en absence du TPP — l’accord ne peut prendre effet sans la participation américaine, — la plupart des pays signataires de cet accord vont nécessairement s’orienter vers d’autres structures de libre échange promues, elles, par la Chine et taillées aux normes imposées par celle-ci. Cela revient à dire que, dans le sens économique, l’Amérique de Trump abandonnent à la Chine l’ensemble de l’Asie-Pacifique.

Trump s’est montré encore pire sur le plan de la sécurité en Asie. Le milliardaire devenu président élu a toujours maintenu que le Japon et la Corée du Sud abusent de la protection américaine sans rien payer et a menacé de retirer les troupes américaines qui y sont stationnées si ces deux pays ne paient pas la totalité des coûts de stationnement. Ce dont Trump n’a aucune idée c’est que primo, le Japon se charge déjà de 75 % des coûts de stationnement des forces américaines sur son sol, faisant de ce pays l’endroit le moins cher du monde — moindre même que le métropole américain — pour stationner des troupes américaines ; deuxio, la présence militaire américaine au Japon, comme ailleurs dans le monde, n’est pas uniquement pour la défense du pays hôte ; elle est avant tout destinée à défendre les intérêts américains, à maintenir le sphère d’influence américaine et, dans le cas du Japon et de la Corée du Sud, à contenir l’expansion des dictatures du continent : Chine, Russie et Corée du Nord.

Apparemment dépourvu de la moindre idée sur l’extrême sensibilité de la question de la non-prolifération nucléaire, tout comme sur ses enjeux délicats dans le monde, Trump a donné un coup de pied à un nid d’abeilles en déclarant que, puisque le Japon et la Corée du Sud vont être laissés pour compte — par lui… — face à la Chine et la Corée du Nord, « ils n’ont qu’à posséder leurs propres armes nucléaires » pour mieux se défendre. En fait, ces deux pays ont toujours été tentés par le nucléaire et ce sont les Etats-Unis qui, en collaboration discrète et tacite avec la Chine, se sont employés à les en dissuader jusqu’ici — en leur promettant la couverture de son parapluie nucléaire — de peur de voir se déclencher une folle course à l’armement nucléaire dans une région déjà dangereusement volatile.

Les propos de Trump sur le Japon et la Corée du Sud ont suffit à envoyer un frisson à l’ensemble des pays du camp américain en Asie puisque, au lieu de les rassurer de leur angoisse sécuritaire, il semble leur dire : « Désormais l’Amérique va s’occuper d’elle-même et ne joue plus au gendarme du monde. Faites ce que vous voulez et ne comptez plus sur notre protection ». Vue la tendance entamée dès avant l’arrivée de Trump, cela ne laisserait plus aux alliés sud-est asiatiques des Etats-Unis qu’une alternative possible : accommoder davantage la Chine et accentuer leur rapprochement économique et stratégique avec le géant du Nord.

D’ailleurs, la Corée du Sud et le Japon s’y préparent déjà. Cela fait plus de deux ans que la Corée du Sud, pays farouchement anti-communiste face à la menace de la Corée du Nord, a commencé à nouer un lien étroit avec la Chine. Le Japon, comme on l’a vu ci-dessus, cherche à sortir des contraintes pacifistes de sa Constitution afin de re-émerger en puissance politique et militaire « normale » tout en entamant un rapprochement avec la Russie comme une assurance supplémentaire à l’alliance nippo-américaine contre la Chine.

Champs libres laissés à la Chine ?

Bref, Trump est au point de déclencher une vague de sauve-qui-peut en Asie. Vue de Pékin, il ne peut y avoir de meilleur cadeau de la part de l’Amérique si celle-ci se retire de l’Asie et laisse le champ libre à la Chine. Or, le cadeau semble trop beau et les menaces — tarifs de 45%… — trop irréalistes pour que la direction chinoise en tire conclusion tout de suite. Pour le moment, Pékin attend et observe prudemment l’inauguration de la présidence Trump, sachant par expérience qu’il peut y avoir en Amérique un fossé entre les rhétoriques électorales et la réalité politique.

Enfin, il peut y avoir quand même une lueur d’espoir pour les amis d’Amérique en Asie face à « l’incertitude Trump ». Dix jours après sa victoire électorale, Trump a reçu en privé le Premier Ministre Shinzo Abe du Japon, pour le moment l’unique dirigeant étranger du monde que le président élu a rencontré. La visite a au moins eu la mérite d’avoir permis à M. Abe de faire un briefing rapide au prochain locataire de la Maison Blanche sur la situation en Asie.

Par ailleurs, même si les perceptions sur l’Asie de Trump sont dépassées d’il y a au moins 40 ans, le président élu s’entoure d’une équipe de conseillers et de collaborateurs diplomatiques qui sont certes très conservateurs et faucons mais qui, au moins semblent avoir chacun une idée des enjeux géopolitiques dans cette partie du monde. A eux d’éduquer le nouvel homme le plus puissant du monde avant qu’il ne fasse un malheur d’envergure planétaire.

Pour le moment, cette rééducation en catastrophe du nouveau président américain semble, en ce qui concerne l’Asie, pointer à une politique d’extrême fermeté envers la Chine accusée de pratiques commerciales déloyales et d’agressivité en Mer de Chine méridionale.

Même si la fermeté envers la Chine ne répond qu’à la ligne traditionnelle du Parti Républicain américain, la façon inconsidérée et légère avec laquelle Trump brandit cette politique sous le nez de Pékin a de quoi susciter une nouvelle peur de tous ceux qui comprennent à quel point la situation géopolitique en Asie est délicate et potentiellement explosive.

Pour ne citer qu’un exemple, le président élu américain s’est entretenu début décembre au téléphone avec la présidente Tsai de Taiwan sans savoir qu’il venait ainsi de briser un tabou diplomatique en vigueur depuis 1972 quand les Etats-Unis ont rompu les relations diplomatiques avec Taiwan pour reconnaître la République populaire de Chine. En foulant au pied le principe sacro-saint — pour la Chine mais aussi pour tous les pays qui ont des relations diplomatiques avec Pékin — d’ « une seule Chine » et en persistant et signant en dépit du scandale général et de la colère chinoise, la diplomatie asiatique du futur président Trump risque fort d’être marquée à longue échéance par un rapport dangereusement difficile avec la plus grande puissance de l’Asie.

https://asiapacnews.com/donald-trump-politique-etrangere-asie/

 

2) Donald Trump bloque le "pivot asiatique". Le Monde, 29.11.2016 23.12.2016

Cycle "Actualités asiatiques" - Conférence n°2

Donald Trump vient d’arrêter net l’ambition d’un « pivot asiatique » chère à la diplomatie de Barack Obama. Le président élu républicain a agi ainsi en donnant un coup d’arrêt au projet de l’administration démocrate d’une nouvelle étape dans la libéralisation du commerce dans la zone Pacifique. C’est un double échec pour le président sortant. Et c’est un succès pour tous ceux qui voient dans le libre-échange l’une des causes principales du malaise économique et social dans nombre de pays.

M. Trump a annoncé, lundi 21 novembre, dans une vidéo de trois minutes, qu’il renonçait au traité de libre-échange signé, fin 2015, entre les Etats-Unis et douze pays du Pacifique à l’exception de la Chine. Il n’y a pas de surprise. Ce renoncement figurait dans son programme. Mais la manière ne relève pas de l’élégance diplomatique la plus sophistiquée.

Ce Partenariat transpacifique (TPP) était l’un des piliers, peut-être le principal, de la réorientation de la diplomatie américaine vers une zone Pacifique qui paraît promise à la plus forte croissance pour les générations à venir.

L’Amérique d’Obama – né à Hawaï, élevé en partie en Indonésie – entendait s’investir prioritairement loin d’une Europe en proie au marasme économique et aux éternels états d’âme politiques. Le choix était stratégique aussi. Il s’agissait, en resserrant les relations avec ces pays, d’afficher le rôle prépondérant des Etats-Unis en tant que puissance du Pacifique face à une Chine à l’expansionnisme galopant dans la région.

La crédibilité de Washington dans le Pacifique en sort amoindrie. Nombre des gouvernements signataires du TPP – dont la ratification au Congrès américain était plus qu’aléatoire – ont pris des risques, face à leurs opinions, en adhérant au projet de Barack Obama.

Aux Etats-Unis mêmes, le traité a été victime de l’humeur protectionniste d’une bonne partie des Américains. M. Trump accuse le libre-échange d’être responsable de la désindustrialisation du pays, des malheurs de la classe moyenne, de la stagnation des salaires, bref d’être une machine qui s’est retournée contre l’Amérique. Dans la campagne électorale, le démocrate Bernie Sanders tenait le même discours. Plus timidement, Hillary Clinton lui a emboîté le pas.

La Chine imposera ses normes

La Chine se réjouit de l’échec du TPP. Elle lance son propre projet de désarmement tarifaire avec les pays de la région. Mais, cette fois, le pacte en question ne contient rien sur une harmonisation des normes environnementales, sociales et sanitaires, entre pays signataires, qui était la marque du TPP. M. Obama en avait fait un argument central. Si le TPP échoue – comme son pendant avec l’Europe, le Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP) –, alors c’est la Chine qui, par sa puissance commerciale, imposera ses normes dans les échanges mondiaux. Et celles-ci seront bien inférieures à ce que souhaitent l’Europe et les Etats-Unis.

M. Trump a promis d’aller plus loin dans le démantèlement du libre-échange. Il a évoqué, à plusieurs reprises, une taxation de 45 % des importations chinoises aux Etats-Unis. Il est peu probable qu’il se lance dans pareille guerre commerciale tant elle risque de se retourner contre l’Amérique. Mais l’abandon du TTP et du TTIP annonce sans doute une baisse du commerce mondial, déjà sur une courbe de moindre croissance depuis deux ans au moins. Le débat sur les mérites et les inconvénients du libre-échange ne fait que commencer.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/11/29/etats-unis-donald-trump-bloque-le-pivot-asiatique_5040120_3232.html

 

II) LA DEMOGRAPHIE CHINOISE

 

1) Pourquoi la démographie chinoise ne se relèvera pas, Le Monde, 14.10.2016

La fin de la politique de l’enfant unique permettra la naissance de 50 millions d’enfants supplémentaires d’ici à 2029. Un chiffre insuffisant pour enrayer le vieillissement accéléré de la population chinoise. D’après une étude publiée vendredi 14 octobre dans la revue médicale The Lancet, la Chine ferait mieux de se préparer à vieillir. La politique adoptée en 1979 pour contenir la population chinoise et faciliter son enrichissement va peser lourdement sur l’avenir du pays.

L’étude intitulée « Les effets de la politique universelle des deux enfants », de Therese Hesketh, du University College de Londres, et de Zeng Yi, de l’université de Pékin, estime que l’abolition de la politique de l’enfant unique permettra de repousser de six ans le pic de la population chinoise. Avec l’enfant unique, elle aurait atteint 1,4 milliard d’habitants en 2023, avant de commencer à décroître lentement. Avec la « politique des deux enfants », elle devrait continuer à croître jusqu’en 2029 et atteindre 1,45 milliard d’habitants. Surtout, elle devrait décroître plus lentement : en 2050, les Chinois devraient être 1,42 milliard, contre 1,27 milliard si les limitations actuelles avaient perduré.

Les deux auteurs rappellent d’abord les doutes émis par leurs collègues démographes depuis le lancement de la politique par le dirigeant d’alors, Deng Xiaoping. A l’époque, la Chine sort de la Révolution culturelle, ultime bouleversement de l’ère Mao, qui a fini de plonger la Chine dans la pauvreté. Pour les dirigeants chinois, la population est vue comme un fardeau pour la croissance. Entre 1950 et 1970, la population est passée de 540 millions à 800 millions. La courbe est raide. Pékin prend ses premières mesures au début des années 1970 pour retarder le premier enfant. Avec succès : le taux de fertilité passe de 5,9 enfants par femmes en 1970 à 2,9 en 1979. Mais la Chine veut aller plus loin.

Abandonner la limitation des naissances

Pour certains démographes, la politique incitative aurait suffi, car la transition démographique chinoise touchait à sa fin. Les autorités répondent que leur politique a permis d’éviter la naissance de 400 millions de Chinois. Les démographes avancent plutôt le chiffre de 200 millions, en tablant sur une baisse naturelle de la fertilité chinoise à mesure que le pays se développait.

Forts de ces doutes, les démographes chinois et britannique se félicitent de l’abandon de la politique de l’enfant unique. « Nous pensons que l’introduction de la politique universelle des deux enfants était nécessaire et hautement souhaitable, et qu’elle bénéficiera à tous les secteurs de la société chinoise. » Et de citer la fin des « éléments les plus répressifs de la politique de l’enfant unique », qui permettra à « l’écrasante majorité des couples d’avoir le nombre d’enfants qu’ils désirent ». Mais l’étude recommande l’abandon pur et simple de la limitation des naissances : « La prochaine étape est l’abandon total des politiques de contrôle de la fertilité, qui doit être envisagée au plus vite. »

Principales conséquences positives : la baisse des avortements due à la réglementation. Si les avortements forcés étaient devenus rares depuis les années 2000, la possibilité d’avoir un deuxième enfant devrait les faire reculer encore. De même, le déséquilibre entre les sexes devrait être affecté positivement. Même si la détermination prénatale du sexe d’un enfant avait été interdite, des avortements sélectifs étaient courants à cause d’une préférence traditionnelle pour les garçons. Le déséquilibre a atteint 121 garçons pour 100 filles en 2005, pour descendre autour de 116 pour 100 aujourd’hui, mais le chiffre peut atteindre 140 pour 100 dans certaines campagnes du centre de la Chine.

L’article indique que les zones dans lesquelles deux enfants étaient autorisés, notamment pour les minorités ethniques, ont été les moins touchées par le déséquilibre. En revanche, la politique « d’un enfant et demi » dans les campagnes, qui autorisait un second enfant si le premier était une fille, a sans doute évité des avortements sélectifs, mais a renforcé le déséquilibre entre les sexes.

Vieillissement de la population

Pour autant, l’ouverture à tous les couples de la possibilité d’un deuxième enfant ne devrait pas suffire à enrayer le vieillissement de la population. « Dans les vingt prochaines années, la politique des deux enfants n’aura qu’un effet marginal sur l’accélération rapide du vieillissement de la population. » Les plus de 65 ans, qui représentent aujourd’hui à peine plus de 10 % de la population, seront 18 % en 2030. Une progression fulgurante. Par comparaison, en France, le taux est aujourd’hui de 19 %, mais il avait dépassé 10 % dans les années 1950 !

A l’horizon 2050, les personnes de plus de 65 ans devraient dépasser le quart de la population en Chine, comme au Japon aujourd’hui. Si la politique de l’enfant unique s’était poursuivie, ils auraient atteint 29 %, d’après les chercheurs. Dans ces conditions, la Chine aura besoin de renforcer rapidement ses infrastructures de prise en charge de la dépendance, quasi inexistantes aujourd’hui.

La hausse du taux de fécondité ne devrait pas reprendre, malgré l’assouplissement des règles. En cause, un système entier adapté à un seul enfant par couple. Dans les villes où l’éducation d’un enfant est coûteuse, la plupart des couples ne sont pas prêts à avoir un deuxième enfant. Le taux de fécondité y est actuellement de 1,24 enfant par femme. Il devrait augmenter légèrement, mais la migration de ruraux, au taux de fécondité plus important, vers les villes, devrait faire encore baisser le taux de fécondité total du pays, de 1,88 enfant par femme en 2017, à 1,81 en 2030. Autrement dit, les familles « 4-2-1 », dans lesquelles un couple d’enfants uniques doit soutenir financièrement quatre parents retraités et un enfant, ont de beaux jours devant eux.

Conséquence, la population en âge de travailler, qui a arrêté de progresser en 2010, devrait baisser drastiquement à partir du milieu des années 2020. Après 2030, la fin de la politique de l’enfant unique devrait commencer à se faire sentir, atténuant légèrement la fonte de la main-d’œuvre chinoise.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/10/14/pourquoi-la-demographie-chinoise-ne-se-relevera-pas_5013380_3244.html

 

2) Au pays des enfants délaissés, Le Monde, 28.03.2016

Dans cette contrée de ciel bas, de pluie et de brume, que percent d’innombrables pitons de karst, quelques paysans s’acharnent sur des lamelles de terre à flanc de colline, trop ingrates à cette altitude pour donner du riz. Nayong, au cœur de la province du Guizhou, dans le sud-ouest de la Chine, est typique de ces régions pauvres et reculées, aux villages peuplés d’enfants et de vieillards.

Les parents, eux, sont partis sur la ligne de front, les grandes villes, où ces « travailleurs migrants » vivent dans des conditions précaires, livrant une bataille inégale contre la Chine éduquée et urbaine. Leurs enfants restent sous la garde des grands-parents ou parfois seuls, à fréquenter des écoles éloignées, à se morfondre ou à faire les quatre cents coups. Cette pathologie sociale est devenue tellement répandue en Chine qu’elle a fait naître une expression, les « enfants laissés à l’arrière », « liushou ertong » en chinois. Ils seraient aujourd’hui 61 millions dans les campagnes chinoises, soit 40 % de tous les enfants d’origine rurale de moins de 16 ans.

Dans le district de Nayong, cet écartèlement des existences donne aux villages des allures de chantiers inachevés – l’argent semble souvent manquer pour finir des maisons en béton aux fenêtres désossées qu’on a voulues trop grandes. Les rares bâtisses plus anciennes sont à l’abandon. Zhu Xinyuan, un petit bonhomme de 8 ans, est de ceux qui grandissent depuis des années sans leurs parents. Vêtu d’un sweat-shirt vert où se détache en grosses lettres jaunes « Pablo bear », il partage avec son grand-père de 71 ans les deux pièces d’une fermette à peine meublée. A l’intérieur, quelques ustensiles pendent à des crochets fichés à même les murs en parpaing. Un tuyau de poêle pansé de vieux cartons traverse une lucarne sans carreau.

Parti il y a cinq ans travailler comme ouvrier de la construction dans l’est de la Chine, le père de Xinyuan n’est revenu le voir qu’une fois, en décembre 2014. La mère du garçonnet est partie avec la fille du couple il y a quatre ans sans donner de nouvelles. Le vieux paysan a donc élevé l’enfant seul, avec les 800 yuans par an (environ 110 euros) qu’envoie son père, sa maigre pension mensuelle de 62 yuans (8,50 euros) et son champ de maïs. L’ancienne maison du couple, à côté, est fermée. « Je dis à mon fils de revenir et de se remarier, raconte le vieil homme, désemparé. Il me répond : “A quoi bon ? J’ai déjà un fils et une fille.»

« L’enfant ne parle jamais, il ne pose jamais de questions », confie l’un des instituteurs du canton. Un tiers de ses élèves sont des liushou ertong. Une situation qu’il juge « très grave ». Chargé par sa tutelle de surveiller les cas les plus critiques, il leur donne un billet ou deux sur sa maigre paie mensuelle. Et implore la discrétion : « Sinon, le gouvernement va penser que je critique son incompétence et lui donne une mauvaise image. »

Détresse psychologique

Si les autorités locales craignent autant d’être stigmatisées et ont la fâcheuse habitude d’intimider les journalistes, c’est que la préfecture de Bijie, à laquelle appartiennent Nayong et les comtés voisins, a été le théâtre de deux drames qui ont frappé les esprits en Chine. En 2012, cinq garçonnets sont morts asphyxiés dans un conteneur à déchets après avoir allumé un feu pour se réchauffer. Ils étaient cousins, leurs pères trimaient à Shenzhen. Puis, en juin 2015, un garçon de 13 ans a empoisonné ses trois petites sœurs avant de se donner la mort en ingurgitant du pesticide, révélant une détresse psychologique insondable. Ses parents, séparés, travaillaient loin du foyer. Si l’instituteur et le principal de l’école ont été sanctionnés pour n’avoir pas su « prévenir » la tragédie, l’opinion publique chinoise y a bien vu le révélateur de dysfonctionnements profonds.

La préfecture de Bijie, grande comme la Bretagne, cumule les handicaps : 70 % de ses 6,5 millions d’habitants vivent encore en zone rurale, contre moins de 50 % désormais pour l’ensemble du pays. Pas loin de 20 % de sa population, soit 1,2 million de personnes, est au-dessous du seuil de pauvreté chinois de 2 300 yuans par an (316 euros). Etre « enfant de l’arrière » y a longtemps été moins un stigmate qu’être un enfant pauvre tout court.

Les souffrances psychologiques et le désarroi émotionnel provoqués par ces séparations au long cours ont été longtemps sous-estimés en Chine. Ils commencent à faire l’objet d’études plus approfondies. Selon une enquête de l’ONG pékinoise Shangxuelushang (littéralement « sur le chemin de l’école ») portant sur « l’état mental des liushou ertong », publiée à l’été 2015, 15 % des enfants délaissés – soit 9 millions d’enfants – verraient leurs parents moins d’une fois par an. Environ 30 % ne les voient pas plus d’une ou deux fois par an. « Le détail des statistiques montre des tendances alarmantes », estime Pia MacRae, représentante de l’ONG Save the Children à Pékin.

Course à l’ascension sociale

L’incertitude liée à l’absence des parents nourrit le sentiment d’abandon, l’anxiété et le manque d’estime de soi chez les enfants. Mais, note-t-elle, « il y a aussi eu un changement radical en termes d’implication du public. Avant, les gens ne se rendaient même pas compte du problème. La protection de l’enfant n’était pas sur leur radar. Cela a changé grâce à l’exposition de cette situation sur les réseaux sociaux ».

Le syndrome des enfants délaissés est un dommage collatéral de la course à l’ascension sociale : les parents migrants justifient de partir loin gagner de l’argent pour pouvoir payer à leurs enfants de bonnes études. Mais ils compromettent parfois davantage la capacité de ceux-ci à s’en sortir. Les couples migrants qui emmènent leur progéniture – on compterait 35 millions d’enfants dans ce cas, moitié moins que le nombre d’enfants restés « à l’arrière » – font face au défi de leur scolarisation là où ils travaillent. Or, le plus souvent, ils n’ont accès qu’à des « écoles pour migrants », créées dans certains quartiers par les parents eux-mêmes et hors du système public. L’obtention du hukou, le permis de résidence auquel sont attachés toutes sortes de droits et de prestations sociales, continue d’être une gageure pour nombre des 270 millions de travailleurs migrants chinois, malgré un assouplissement récent dans les villes petites et moyennes.

Dans le Guizhou, rares sont les familles qui n’ont pas été confrontées aux dilemmes de la dislocation familiale pour raisons économiques. Liu Qin et son mari sont partis de Nayong il y a des années tenir un étal de rue à Guiyang, la capitale du Guizhou. Ils ont confié la garde de leurs deux plus jeunes enfants à leur fille aînée, Ding Ting, alors âgée de 13 ans. « On ne pouvait pas les avoir avec nous, on travaillait de 15 heures à 3 heures du matin, explique Liu Qin. Ma fille faisait la lessive, cuisinait et devait étudier en même temps. Elle m’appelait en pleurant quand les petits avaient filé et qu’elle ne pouvait pas les retrouver. Elle s’affolait, je pleurais aussi » Puis le cadet a commencé à voler de l’argent pour jouer à des jeux en ligne. Le couple a pris la décision de rentrer.

Les « gangs du Guizhou »

La famille réunifiée vit désormais dans un appartement vétuste dans le chef-lieu de Nayong, auquel on accède par un étroit couloir entre deux immeubles de briques. Les murs sont nus, le confort rudimentaire. Ding Ting, qui a 18 ans cette année, se félicite de pouvoir se consacrer à ses études – elle veut devenir professeure de chinois. « Je sais que c’était dur pour mes parents. Mon père n’a pas pu faire d’études, c’était la Révolution culturelle. Il a dû tellement travailler qu’il est en mauvaise santé », dit-elle. Liu Qin, la mère, se souvient d’avoir quitté son village à 14 ans pour aider une tante à vendre du tofu dans les rues de Kunming. Elle est ensuite partie dans une autre ville conduire un vélo-pousse, avant de rentrer se marier à 19 ans. Désormais, le couple, qui travaille toujours d’arrache-pied, est plus serein. Tous deux sont chauffeurs de taxi. Lui conduit un taxi l’après-midi jusque tard dans la nuit. Après une agression au couteau, Liu Qin préfère assurer les matinées.

La sécurité est un sujet d’inquiétude à Nayong. Des voitures de police font le guet la nuit au coin des rues. En grandissant, les adolescents issus de familles aux liens distendus sont plus susceptibles de basculer dans la délinquance. Certains rejoignent les confréries criminelles typiques des petites villes chinoises. Les « gangs du Guizhou » ont ainsi fait parler d’eux ces dernières années jusqu’à Canton, la mégapole du Sud, et Hongkong.

Bien conscient de la bombe à retardement que constituent les enfants délaissés, le premier ministre chinois, Li Keqiang, a réuni le gouvernement fin janvier pour donner de nouvelles obligations aux institutions publiques, à la société civile mais aussi aux familles, en déclarant que le développement sain de ces dizaines de millions d’enfants était « une responsabilité commune ».

Dans le Guizhou, les localités rattachées à Bijie ont annoncé, à l’été 2015, des mesures spécifiques. Le comté de Nayong a proposé de créer des « groupes de travail » dans chaque canton, de consacrer 8 % des dépenses à une fondation pour enfants délaissés et d’envoyer des messages vidéo aux parents sur les réseaux sociaux. En septembre, le gouvernement provincial du Guizhou a appelé ses comtés à réduire de 10 % par an le nombre de liushou ertong. Mais un fossé sépare ces bonnes intentions de la mise en œuvre d’actions concrètes et efficaces. Et l’argent fait défaut. Même si, depuis 2012, la préfecture de Bijie déclare allouer chaque année 8 millions d’euros aux « enfants de l’arrière », l’utilisation de ces fonds est si opaque qu’un célèbre lanceur d’alerte de Canton, Zhou Xiaoyun, a exigé au début de l’année un audit de la justice.

Ici comme ailleurs, le développement des infrastructures de transport semble absorber tous les investissements. Non sans retombées positives : Bijie vient d’être relié au train à grande vitesse, et Nayong, à l’autoroute provinciale. Ce qui raccourcit un peu la distance qui sépare les villages de « l’arrière » des « lignes de front » à l’autre bout du pays. A défaut de combler le vide affectif qui hante les enfants délaissés des campagnes chinoises.

http://abonnes.lemonde.fr/international/article/2016/03/28/en-chine-au-pays-des-enfants-delaisses_4890953_3210.html

 

3) La Chine dans le piège démographique, Le Figaro, 03.03.2015.

La Chine est encore loin d'avoir désamorcé sa «bombe démographique». Le récent assouplissement de la politique de l'enfant unique n'y a rien changé: la hausse attendue des naissances, qui devait permettre d'enrayer le vieillissement de la population, ne s'est pas produite, selon des chiffres publiés récemment. Catalyseur des inégalités, celui-ci est un motif d'inquiétude majeur pour le Parti communiste chinois (PCC), qui met au premier plan la «stabilité sociale» pour prévenir toute contestation du pouvoir.

Seuls 700.000 couples, sur les 11 millions potentiellement bénéficiaires de la réforme du planning familial annoncée en novembre 2013, ont demandé l'autorisation d'avoir un second enfant, selon la Commission nationale de santé. Par le passé, la règle avait été déjà assouplie pour les paysans, autorisés à avoir un second enfant si le premier était une fille, ainsi que pour les couples dont le mari et la femme étaient enfants uniques. La nouvelle loi permet désormais aux couples dont au moins un membre est enfant unique d'avoir deux enfants. Quelque 620.000 couples ont été effectivement autorisés à cette naissance en plus.

Ces chiffres sont nettement en dessous des plus de 2 millions de nouvelles naissances prévues par les autorités du pays le plus peuplé du monde (1,36 milliard d'habitants). La chute du taux de fertilité en Chine n'est pas seulement due à la politique de l'enfant unique. Le taux de stérilité dans le pays a été multiplié par quatre en l'espace de vingt ans, et l'envolée des prix de l'immobilier, de l'éducation et des services médicaux a dissuadé nombre des couples autorisés à avoir un second enfant de profiter de ce droit.

Résultat: le vieillissement de la population active s'est encore accentué en 2014, selon les statistiques officielles publiées en janvier. Et la pression s'accentue sur le gouvernement pour assouplir davantage sa politique de l'enfant unique, à l'origine du problème. De fait, beaucoup de Chinois, et notamment des experts économiques et des démographes, préconisent l'abolition totale de cette règle impopulaire. La loi de planification familiale a été mise en œuvre à partir de 1979 pour permettre à la Chine de contrôler sa population, la plus nombreuse du monde. Elle aurait, selon les autorités, permis d'éviter 400 millions de naissances.

Cependant, cette règle a été rendue responsable du déséquilibre des sexes, de nombreuses violences aux femmes, ainsi que de terribles dégâts dans les familles. Et le problème crucial de la Chine est désormais d'enrayer l'inexorable vieillissement de sa population, après trois décennies de contrôle des naissances. Pour la troisième année consécutive, la population en âge de travailler a chuté en 2014: - 3,7 millions. Et les Chinois de plus de 60 ans devraient représenter 30 % de la population totale en 2050, contre 10 % en l'an 2000, prévoit l'ONU.

La population vieillissante laisse présager dans l'avenir de grosses difficultés économiques et sociales. Alors que le rythme de la croissance diminue d'année en année, les revenus fiscaux du gouvernement se réduisent en proportion. Dans les décennies à venir, le financement des retraites et le poids grandissant des dépenses de santé pèseront de plus en plus lourd sur le budget de l'État. Les experts mettent en garde sur les troubles que pourraient entraîner ces difficultés de financement et qui seraient une menace à la légitimité du pouvoir du PCC.

http://www.lefigaro.fr/international/2015/03/02/01003-20150302ARTFIG00310-la-chine-dans-le-piege-demographique.php

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Published by bc - dans Conférences - Actualité Asie