19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 12:45

 

 

I- « La Chine s’imagine en grande puissance »

 

Bruno Philip, Le Monde, 5 février 2007.

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"Fu xing" ou la renaissance : pour les Chinois, l'expression a valeur d'intention et trace la route à suivre. Le but avoué est de renouer avec le temps passé. Une époque qui précéda le début du déclin de la dynastie mandchoue autour de la seconde moitié du XIXe siècle, quand l'Empire était encore un acteur économique international de première importance. Adam Smith ne remarquait-il pas dans son livre La Richesse des nations, en 1776, que le "marché intérieur chinois n'est pas inférieur aux marchés de tous les pays d'Europe réunis" ? Le présent semble aujourd'hui donner raison à ceux qui, dans ce pays où l'on se crut longtemps "au milieu" du monde, sont persuadés que la Chine sera la grande puissance du XXIe siècle : en 2006, la République populaire est devenue la quatrième économie mondiale.

La récente diffusion d'un documentaire-fleuve de dix heures, que des millions de foyers ont pu voir, fin 2006, à une heure de relative grande écoute sur la deuxième chaîne de télévision nationale, pourrait indiquer que le temps de la modestie est révolu. Jusqu'à présent, la parole officielle consistait à rappeler que la Chine était encore un pays en développement et que, comme l'avait recommandé le "Petit Timonier", Deng Xiaoping, au début de l'ère des réformes, il fallait "ne pas montrer ses talents et attendre son heure"...

Intitulé L'Essor des grandes puissances, le documentaire en question s'efforce d'expliquer, dans un style inhabituellement dépouillé du carcan rhétorique de la propagande classique, les raisons du succès des dites "grandes puissances". Le film tente de montrer comment, depuis le XVIe siècle jusqu'à nos jours, l'Espagne, le Portugal, les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, le Japon et la Russie ont réussi à s'imposer. L'intention serait de démontrer que l'histoire du reste du monde peut inspirer le développement de la Chine d'aujourd'hui. Sous-entendu : la Chine, en passe de (re)devenir un acteur-clé de la scène internationale, doit comprendre les raisons de la réussite des autres pour parvenir à ses fins. A elle d'éviter les pièges dans lesquels certains sont tombés (l'Allemagne nazie, le Japon militariste) et de s'inspirer des idéaux de pays tels la Grande Bretagne, les Etats-Unis ou la France, des nations "où la primauté de la loi et de l'Etat de droit a rendu possible l'émergence des grandes puissances occidentales", comme vient de le souligner dans un audacieux commentaire un hebdomadaire chinois.

L'Essor des grandes puissances a provoqué un débat passionné que d'aucuns comparent à la diffusion en 1988 du film Heshang (Elégie pour un fleuve), d'où il ressortait que la Chine pouvait tirer des leçons positives de l'histoire de l'Occident. Ensuite interdit, le documentaire s'était inscrit dans le contexte d'effervescence intellectuelle et politique qui finit par mener, un an plus tard, au mouvement de Tiananmen.

Le débat, inspiré par les historiens qui ont été associés à la réalisation de L'Essor des grandes puissances, a été relayé sur Internet par un déchaînement de réactions. Il y en a pour lesquels "après tant d'années d'humiliations, la Chine retrouve enfin son statut", d'autres estimant que, "sans démocratie et respect des droits de l'homme, devenir une superpuissance importe peu"...

Pour l'un des conseillers du réalisateur, l'historien Qian Chengdan, qui l'a écrit sur l'un des grands sites Internet de Chine, Sina.com : "Le peuple chinois, la race chinoise, a retrouvé son énergie et, de nouveau, a ressurgi sur la scène internationale." Et, ajoute-t-il de manière inattendue pour un documentaire commandité par le Politburo, "l'instauration d'une monarchie constitutionnelle et l'existence d'un système parlementaire en Angleterre ont permis à celle-ci de parvenir à la stabilité (...), ce qui a bénéficié à son développement économique". Mais d'autres intellectuels, adoptant l'analyse politiquement correcte du régime, affirment qu'il ne s'agit pas de copier un "modèle" occidental peu propice à être appliqué dans une Chine aux "caractéristiques" si "particulières".

L'Essor des grandes puissances pourrait signifier qu'est venu le temps pour les Chinois de se dépouiller de leurs complexes. La Chine possède de gigantesques réserves. Elle multiplie les initiatives diplomatico-économiques, en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient : elle vient d'envoyer 1 000 soldats dans la Finul au Liban ; elle organise les "négociations à six" pour trouver une issue à l'impasse nucléaire nord-coréenne. Elle est courtisée et redoutée, y compris par des Etats-Unis avec lesquels elle entretient une relation très complexe. Elle a conquis un nouveau statut de puissance économique planétaire. Et, le 11 janvier, elle a réalisé un tir réussi d'une arme antisatellite qui a inquiété les Américains dans la mesure où cet épisode pourrait relancer un débat autour d'une nouvelle "guerre des étoiles".

Au début de sa présidence, Hu Jintao avait fait sienne l'expression de "montée en puissance pacifique" de la Chine. Ensuite, la propagande officielle a transformé le slogan en "développement pacifique", comme pour atténuer les implications, notamment militaires, d'une telle "montée". Comment alors trancher entre, d'un côté, la prudence d'un régime dont la diplomatie veille à ne pas effaroucher les Occidentaux et à conjurer les fantasmes à l'égard d'une Chine avide qui déséquilibrerait les balances commerciales de ses partenaires ; et de l'autre, le feu vert donné à une certaine exaltation de fierté nationale qui agite l'idée que, si la croissance se poursuit au rythme actuel, la République populaire sera la première économie de la planète au milieu du siècle ?

Sous prétexte d'analyser l'essor d'autres puissances, le film permet à certains observateurs d'anticiper le "déclin annoncé" des Etats-Unis et la poursuite inexorable du "miracle", au terme duquel l'empire du Milieu aura rendez-vous avec le succès et la prospérité... Mais il y a danger pour la Chine à trop agiter l'étendard de la réussite dans un pays miné par les écarts sociaux grandissants, les rébellions locales contre les abus de pouvoir, les frustrations nées d'un déficit d'Etat de droit et d'un environnement dégradé.

Comme l'avance cet intellectuel pékinois préférant conserver l'anonymat, on peut estimer que, en matière de "renaissance", "la Chine ferait bien de s'intéresser à ce qui s'est passé en Occident quand les perspectives artistiques ont changé, que l'individu a pu s'extirper du Moyen Age de la pensée, plutôt que d'essayer de trouver un modèle national permettant l'affirmation de la puissance". Une réflexion en forme de mise en garde à ceux qui sont grisés par la sulfureuse tentation du nationalisme.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2007/02/05/la-chine-s-imagine-en-grande-puissance-par-bruno-philip_863650_3232.html

 

II- LES ETAPES DE L'OUVERTURE

 

« La construction de l'économie socialiste de marché », par S.KUNO, Le Monde, 21 janvier 2004. Des réformes entreprises par Deng Xiao Ping à la fin des années 1970 à l’entrée de la Chine dans l’OMC en 2001, voici une excellente sythèse qui permet de comprendre comment la Chine a réussi une exceptionnelle transformation.

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A la mort de Mao Zedong en 1976, le fonctionnement de l'économie chinoise repose sur les principes classiques d'un système communiste. Planifiée, autarcique et collectivisée, la Chine est un pays pauvre, qui connaît un écart de richesses important avec les économies occidentales développées. Conscients de leur retard et des bilans peu concluants de la planification économique, les nouveaux dirigeants communistes lancent, à partir de 1978, une ambitieuse politique de modernisation. L'édification de l'"économie socialiste de marché" est issue de leur volonté de hisser la Chine au rang des plus grandes puissances économiques mondiales.

Si cette politique d'ouverture est marqué par l'abandon progressif de la primauté de l'idéologie, les cadres politiques du communisme sont sévèrement maintenus. Le concept d'"économie socialiste de marché", dont les termes même révèlent le paradoxe, illustre une double réalité : d'une part, la permanence en Chine d'un système politique rigide, qui refuse toute concession vers la démocratisation et, d'autre part, la volonté de construire une économie compétitive et toujours plus libéralisée, en rupture totale avec les codes passés.

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1978 : Deng Xiao Ping et la réforme des Quatre Modernisations

La réforme dite des Quatre Modernisations (agriculture, industrie, défense, science et techniques) avait été ébauchée dès 1975 par Zhou Enlai (alors premier ministre de Mao), lors de la 4e Assemblée nationale populaire. Son lancement effectif est cependant le fait de Deng Xiaoping (à la tête du Parti communiste chinois de 1978 à 1997). Dès son accession au pouvoir, il fixe deux objectifs : consolider l'assise du parti (PCC) et hisser son pays au rang des grandes puissances mondiales. Pour Deng, "peu importe qu'un chat soit blanc ou gris pourvu qu'il attrape la souris". "Il est glorieux de s'enrichir" : tel est le slogan officiel de sa politique pragmatique. La réforme implique donc la réhabilitation de la notion de profit, une disparition progressive de la planification de l'économie et une volonté affichée de moderniser le pays. Elle concerne surtout, de 1978 à 1984, l'agriculture.

Le "système de responsabilité" paysan

La décollectivisation des terres et la redistribution de lots sur la base de l'unité familiale s'organisent en 1978. Les communes populaires disparaissent. Désormais, si le paysan n'est pas, à proprement parler, propriétaire de la terre, il en a toutefois la jouissance durant quinze ans. Les autorités mettent en place un "système de responsabilité", qui permet au paysan d'être rémunéré pour sa production. Les paysans sont libres de choisir leurs cultures et les quantités ne sont plus soumises à quota. Un petit marché libre se développe. A partir de 1982, le "système de responsabilité" au niveau des familles est généralisé dans les villages. La libéralisation de la plupart des produits agricoles est autorisée, signifiant la fin de l'achat planifié par l'Etat. Le niveau de vie de la population rurale s'améliore sensiblement.

Début de privatisation de l'économie

La constitution d'entreprises privées est légalisée pour l'industrie légère et les services. La création de sociétés mixtes avec des capitaux étrangers est désormais possible. Deng Xiaoping lance la réforme dite de la "porte ouverte", qui ouvre la Chine vers l'extérieur. Les investissements étrangers sont désormais souhaités et leur accueil est concentré vers un ensemble de zones ouvertes au commerce extérieur. Cinq zones économiques spéciales (ZES) sont destinées aux entreprises étrangères à partir de 1979 (dont les villes de Canton et Shanghaï ainsi que la zone de Shenzhen, près de Hongkong), ainsi que des zones franches. Ces ZES constituent des laboratoires expérimentaux pour la Chine, lui permettant de s'ouvrir progressivement aux techniques du commerce extérieur.

Généralisation de la réforme à partir de 1984

Le troisième plénum du 12e comité central décide, en 1984, l'extension de la réforme à l'ensemble de l'économie chinoise. Elle se traduit par : une volonté de décentralisation, à travers le transfert de deux tiers des postes administratifs à Pékin vers les provinces ; le début de la réforme des entreprises d'Etat, dans un souci d'accroissement de leur autonomie de gestion ; l'abandon total de la livraison à l'Etat de produits agricoles selon des quotas.

Quatorze nouvelles villes côtières sont déclarées "ouvertes" en avril 1984. Elles peuvent commercer avec l'étranger et bénéficient d'une liberté plus grande en matière fiscale et douanière, afin d'attirer des techniques et des capitaux étrangers. En 1987, le "système de responsabilité" est étendu au secteur industriel. A la même date, le terme d'"entreprise privée" est reconnu officiellement pour la première fois.

En mai 1985, les prix de 1 800 produits sont libérés.

1989-1991 : ralentissement des réformes de modernisation

Une période d'inflation très forte et de troubles politiques intenses provoque un arrêt momentané des réformes économiques. Les factions conservatrices du PCC l'emportent provisoirement, après les évènements du printemps de Pékin et les émeutes de Tiananmen, en juin 1989.

Cinq mois plus tard, lors du 5e plénum du comité central, les factions conservatrices réussissent à infléchir les orientations politiques vers un retour à la planification. Elles cherchent à imposer la restauration du contrôle des prix, critiquent le développement du secteur non étatique et le développement du marché. Des projets de renationalisation de la terre et de collectivisation rurale sont ébauchés. Mais la victoire des conservateurs est de courte durée : Deng Xiaoping reprend rapidement en main les réformes de modernisation.

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L'officialisation du concept de "socialisme de marché"

En mars-avril 1992, Deng Xiaoping impose à l'Assemblée nationale l'abolition des mesures économiques de rétorsion, prises au lendemain des émeutes des Tiananmen. Le 14e congrès du PCC marque l'accélération des réformes de modernisation et d'ouverture : la priorité est recentrée sur le développement du secteur public ; il est décidé d'accentuer encore davantage la restructuration des entreprises d'Etat, alors qu'est enclenchée la privatisation des petites entreprises d'Etat. Les autorités chinoises ne souhaitent pas vendre les entreprises d'Etat, mais agissent selon le précepte : "garder les grandes, laisser partir les petites" ; les entreprises doivent s'adapter aux règles d'une économie de marché ; mise en place d'un marché national unifié, permettant de lier marchés urbains et marchés ruraux ; la notion d'"économie de marché socialiste" est adoptée et, en mars-avril 1993, est inscrite dans le préambule de la Constitution.

Zhu Rongji lance une réorganisation du système bancaire. De 1992 à 1995, il s'empare du contrôle de la Banque centrale et se charge de lui donner un rôle majeur face aux banques commerciales. Il crée par ailleurs un comité de politique monétaire, nommé pour six ans par le gouvernement, qui seul détient les clés de la politique de la Banque centrale.

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1997 : accélération de la réforme des entreprises d'Etat

Au 15e congrès du Parti de 1997, Zhu Rongji fait de la restructuration des entreprises d'Etat dans le secteur industriel le pivot de sa réforme. Il en donne une nouvelle définition, qui inclut les sociétés anonymes conjointes et l'actionnariat avec des investisseurs privés. La réforme de Zhu Rongji implique la privatisation des logements et la mise en place d'un régime d'assurances chômage et de retraites. Ceux-ci étaient jusqu'alors pris en charge par les entreprises d'Etat.

Ce mouvement de restructuration entraîne aussi la disparition d'institutions ministérielles, dont le nombre passe de 29 à 40, et une réduction de moitié du corps des fonctionnaires, qui de huit millions passent à  quatre millions. Zhu Rongji, premier ministre de mars 1998 à mars 2003, annonce sa volonté de remettre à flot en trois ans les entreprises d'Etat déficitaires. En 1997-1998, la Chine échappe à la crise asiatique, notamment en raison de l'inconvertibilité de sa monnaie, le yuan (aussi appelé renminbi). Cette inconvertibilité, signe d'une économie encore fermée et imparfaitement mondialisée, confirme la Chine dans sa décision de conserver une monnaie sous-évaluée (au grand dam des Etats-Unis, qui souffrent de la compétitivité des produits chinois).

En 1999, un amendement de la Constitution définit le secteur privé en tant que "composante importante" de l'économie chinoise.

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2001 : entrée de la Chine à l'OMC

La Chine devient le 143e membre de l'Organisation mondiale du commerce en décembre 2001, après quatorze années de négociations. Cette adhésion - point d'orgue de la politique d'ouverture et de modernisation entamée en 1978 -, marque une véritable étape dans l'évolution de l'économie chinoise. La disparition progressive des barrières tarifaires et douanières permettra une pénétration économique étrangère accrue. Par cet accord, la Chine tourne définitivement le dos au passé et accepte une libéralisation de son économie.

16e congrès du PCC

Les entrepreneurs privés sont autorisés à devenir membres du PCC, à l'issue du 16e congrès de ce parti, en novembre 2002. En mars 2003, Wen Jiabao succède à Zhu Ronji au poste de premier ministre.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2004/01/21/la-construction-de-l-economie-socialiste-de-marche_349978_3234.html

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III- LES ASPECTS DE LA PUISSANCE

 

1- La puissance économique 

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« La Chine, première puissance commerciale au monde », par Romain Renier, La Tribune, janvier 2014.

Avec des échanges s'élevant à 4.160 milliards de dollars en 2013, la Chine établit un nouveau record et revendique la place de première puissance commerciale au monde devant les États-Unis. Il y aura toutefois quelques obstacles à franchir en 2014.

La Chine a revendiqué la place de première puissance commerciale au monde pour la première fois vendredi, après l'annonce d'un volume d'échanges qui a dépassé les 4.000 milliards de dollars, à 4.160 milliards de dollars en 2013. Un record.

Les exportations chinoises ont en effet grimpé en 2013 de 7,9%, à 2.210 milliards de dollars, et les importations de 7,3%, à 1.950 milliards, selon des chiffres publiés vendredi par les douanes. Faisant gonfler l'excédent commercial de 12,8% en 2013, à 260 milliards de dollars après un bond de presque 50% l'année précédente.

La Chine détrône les États-Unis

Au total, le commerce extérieur chinois a progressé de 7,6%, manquant l'objectif de 8% fixé par Pékin un an plus tôt. Mais avec ce niveau record, "il est presque confirmé que la Chine a détrôné les Etats-Unis pour la première fois l'an dernier, au premier rang mondial en termes d'échanges commerciaux de biens", s'est félicité le porte-parole des douanes, Zheng Yuesheng.

Une affirmation qui peut paraitre étrange alors que de nombreux commentateurs avaient annoncé la première position de la Chine un an auparavant. Les douanes ont expliqué qu'elles avaient changé leur mode de calcul depuis et qu'elles considèrent que la bascule ne s'est faite que cette année.

Pékin a notamment amélioré sa lutte contre les faux contrats d'exportations, qui permettaient aux exportateurs de faire rentrer des devises étrangères dans le pays, malgré les restrictions. Ce qui a eu en général tendance à faire baisser le chiffre des exportations.

Quoi qu'il en soit, les déclarations chinoises pour cette année sont très plausibles, malgré l'absence de chiffre définitifs pour les États-Unis, car le total du commerce extérieur américain a atteint 3,57 milliards de dollars sur les onze premiers mois de l'année, rendant très improbable le dépassement par la Chine. Les chiffres définitifs ne seront toutefois connus qu'en février.

Selon Rajiv Biswas, chef économiste Asie Pacifique à IHS Global Insight, "l'écart entre le commerce chinois et le commerce américain devrait atteindre près de 250 milliards de dollars pour 2013", au profit de la Chine. "C'est suffisamment significatif pour qu'aucun ajustement ne puisse remettre en cause la position des deux pays", ajoute-t-il.

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Perspectives en demi-teinte

Malgré tout, les chiffres sont mitigés en décembre pour la deuxième économie mondiale. L'excédent commercial du pays s'est en effet effondré le mois dernier par rapport à la même période il y a un an. En cause : les exportations qui n'ont augmenté en décembre que de 4,3% sur un an, à 207,74 milliards de dollars, un net ralentissement par rapport à la hausse de 12,7% sur un an enregistrée en novembre. A noter tout de même que la base de comparaison de décembre 2012 était élevée.

En revanche, les importations ont quant à elle progressé de 8,3%, suggérant une bonne tenue de la demande intérieure, l'un des principaux objectifs de Pékin, qui table sur un rééquilibrage de son modèle de croissance, moins dépendant des exportations.

L'année 2014 s'annonce mieux pour la Chine en raison d'une reprise de la demande, notamment en provenance d'Europe, son premier partenaire commercial, et des États-Unis, selon les autorités chinoises.

Mais un renforcement du yuan par rapport à d'autres grandes devises internationales comme le dollar ou surtout le yen et un affaiblissement des partenaires de l'Asean en raison du retrait progressif de la Fed de son plan d'assouplissement monétaire risquent de compliquer la tâche des exportateurs. De même que la lutte des autorités contre une trop forte expansion du crédit pourrait pénaliser la demande intérieure, et donc les importations.

http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20140110trib000808805/la-chine-premiere-puissance-commerciale-au-monde.html

 

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« Entre la Chine et l'Afrique, une relation à rééquilibrer », par Jean-Pierre Boris, RFI, 26-03-2013.

Le nouveau président chinois Xi JingPing met à profit le sommet des Brics, qui s'ouvre ce mardi 26 mars en Afrique du Sud, pour effectuer sa première tournée sur le continent africain. Outre l’Afrique du Sud, il aura visité la Tanzanie et le Congo-Brazzaville. En 2012, les relations entre le continent et la Chine ont pesé 200 milliards de dollars.

Dar es Salaam, Durban, Brazzaville, l’itinéraire du premier voyage officiel de Xi Jinping n’est pas innocent. Les Chinois veulent dire à l'Afrique qu’elle compte pour eux. Cela a été dit dès l’étape tanzanienne au cours de laquelle le président Xi Jinping a assuré que les relations entre son pays et l'Afrique allaient s'intensifier dans les années à venir.

Ce qui intéresse beaucoup les Chinois, ce sont les matières premières africaines, que ce soient le pétrole, le charbon, le gaz, les métaux. C’est le cas en Tanzanie, par exemple. « La Tanzanie a beaucoup de ressources naturelles à offrir à la Chine et a aussi des terres agricoles sous-utilisées, comme le souligne l'économiste tanzanien Ibrahim Lipumba, par ailleurs président du Civic United Front, un parti politique d'orientation libérale. Les Chinois souhaitent évidemment avoir accès à ces richesses. Par exemple, nous avons découvert du gaz naturel dans nos eaux de l'Océan Indien. Mais nous avons aussi beaucoup de terres agricoles susceptibles d'être exploitées pour produire du soja, des oléagineux, du manioc qui pourraient servir d'aliments pour le bétail chinois. »

200 milliards de dollars d’échange

La Chine a besoin de tout ce que l’Afrique peut lui offrir. Pétrole, gaz, charbon, métaux, la production des pays africains part de plus en plus vers la Chine. A tel point que ces dernières années, les relations économiques entre la Chine et l’Afrique n’ont fait qu’augmenter alors que, crise oblige, celles de l’Afrique avec les zones développées, Etats-Unis et Europe de l’Ouest, ont chuté.

En 2012, les relations entre la Chine et l'Afrique ont atteint les 200 milliards de dollars, presque le double des relations entre le continent et les Etats-Unis, comme le souligne Simon Freemantle, un analyste économique de la Standard Bank, à Johannesbourg.

La crainte d’une nouvelle colonisation

Pourtant, cet intérêt de la Chine pour les richesses africaines commence à susciter des inquiétudes chez certains dirigeants africains. Très récemment, une des grandes voix du monde économique continental s'est émue des déséquilibres dans les relations entre la Chine et ses partenaires africains : le gouverneur de la banque centrale du Nigeria, Sanusi Lamido, a constaté, dans une tribune publiée par le Financial Times, que l'Afrique vendait à la Chine ses matières premières et que la Chine vendait des produits transformés à l'Afrique.

Pour Sanusi Lamido, il est clair que c'est là une relation coloniale. Et il n'est pas le seul à faire ce constat. Par exemple, Arnaud Dabancourt, un chef d'entreprise franco-sud-africain qui sillonne en permanence la région, constate à longueur de voyages que partout où des chantiers de travaux publics sont confiés à des entreprises chinoises, la main d’œuvre est chinoise.

Lors de ses déplacements professionnels en Angola, Arnaud Dabancourt, fondateur et directeur de l’entreprise Tristan Export, constate même que les immigrants chinois, fidèles à leur légende de grands commerçants, ouvrent échoppes et restaurants, allant même jusqu’à investir le secteur traditionnel du commerce ambulant dans les rues de Luanda, la capitale angolaise. Et pour Arnaud Dabancourt, c’est une forme de colonialisme.

Entreprises chinoises, main d’œuvre chinoise

Au Congo, troisième et dernier pays visité par le président Xi Jinping à l’occasion de cette première tournée africaine, les entreprises chinoises participent aux appels d’offre que lance l'Etat. Elles y sont autorisées en vertu d’un accord stratégique entre les deux pays. Les investisseurs chinois sont membres des chambres de commerce et d’industrie locales. C’est en particulier le cas à Pointe-Noire, la capitale de l’off-shore pétrolier du Congo-Brazzaville.

Sur les routes, sur les chantiers d’infrastructures dont la responsabilité a été confiée à des entreprises chinoises, il y a aussi des ouvriers chinois. Mais aux yeux de Sylvestre Didier Mavouenzela, le président de la chambre de commerce et d’industrie de Pointe-Noire, tout de prudence et de diplomatie, le mélange entre travailleurs chinois et congolais se fait de belle manière.

Et si Sylvestre Didier Mavouenzela reconnait qu’il serait bon d’accélérer les transferts de compétence entre Chinois et Congolais, s’il reconnait que les entreprises chinoises devraient recourir plus qu’elles ne le font à des sous-traitants congolais, il résiste à l’emploi du mot « colonisation » que d’autres prononcent sans problème.

C’est que, malgré le déséquilibre actuel des relations entre Chine et Afrique, le continent noir ne serait globalement pas en train de décoller sur le plan économique si son wagon n'était pas accroché à la locomotive chinoise.

http://www.rfi.fr/afrique/20130326-chine-brics-afrique-xi-jinping-relation-equilibre/

 

2- Deux enjeux de la puissance : l’armée et l’espace.

 

« De quelle capacité de nuisance militaire la Chine dispose-t-elle vraiment ? » Atlantico, mars 2014 - Entretien avec Xavier Roux, contre-amiral de la Marine nationale et vice-président du Cercle de la mer.

Le budget de l'Armée populaire de libération doit augmenter de 12,2 % en 2014, a annoncé le ministère des Finances chinois. Le pays aux deux millions de soldats nourrit plus que jamais l'ambition de rattraper son retard technologique

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Atlantico : Le ministère des Finances chinois a annoncé que le budget de la défense de l'Armée populaire de libération allait grimper de 12,2 % en 2014, pour atteindre l’équivalent de 95,9 milliards d’euros. Ces chiffres correspondent-ils à la réalité ? Les moyens financiers pourraient-ils être sous-estimés ?

Xavier Roux : Tout dépend de la nature des moyens : il y a des éléments objectifs qu'on connaît. L'aspect formel comme le nombre de régiments connus, le total d'avions dans les parkings sont des éléments assez proches de la réalité.

Concernant d'éventuelles ressources cachées de la Chine, c'est assez peu probable.

Les Chinois n'ont pas d'aéroports enfouis, puisqu'au fond ils n'ont aucune raison de se cacher. Les chiffres que communique la Chine s'inscrivent dans une politique d'affichage. C'est significatif et déterminant en matière de politique et de représentation de cette politique. Ça ne veut pas dire que les moyens vont augmenter de 12 % en un an. Il y a toujours un délai, ne serait-ce que vis-à-vis des crédits, la conception matérielle ; la formation du personnel de char, d'avion, des services de renseignement… Il faut du temps. Pour que l'on assiste à des effets, il faut que le pourcentage d'augmentation se stabilise sur des années.

Ce pourcentage est, à mon sens, une déclaration politique qui ne veut pas dire que le matériel chinois est en hausse. Cela ne peut se vérifier que si cette augmentation perdure.

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Le retard technologique de l'armée chinoise mis en avant par bon nombre d'observateurs est-il un réel handicap pour que ses troupes puissent se projeter loin des frontières ? Pourrait-elle bientôt se hisser au niveau d'autres puissances, ne serait-ce que de la Russie ?

Les capacités de projection russes sont déjà considérables. Quant à l'armée chinoise, il faut compter avec le fait qu'elle représente déjà deux millions d'hommes, avec la problématique de surface que cela induit. Si on veut augmenter financièrement l'équipement du soldat chinois de 5 %, il faut l'augmenter de 5 % pour deux millions de soldats... C'est une problématique de masse que nous n'avons plus l'occasion de manipuler en Occident.

Concernant le niveau technologique au sens strict du terme, et bien que l'armée chinoise ne soit pas encore au niveau de l'armée russe, je pense qu'il faut tout de même rester méfiant. Aujourd'hui, les Chinois disposent d'assez de capacités pour posséder des navires et des avions qui ne déplairaient pas au sein de l'armée française. Indépendamment des porte-avions, il y a du matériel, des compétences, un savoir-faire… Il serait imprudent de les dénigrer.

Concentrons-nous sur les porte-avions : il est évident que la mécanique qui conduit à la mise en œuvre d'un tel navire est complexe, qu'il s'agisse du pilote, des lanceurs, des avions, des manœuvres, de la sûreté, de l'apprentissage des pilotes… La nécessité, pour les porte-avions français et américains, de s’entraîner, est là pour le démontrer.

Cependant, quand la volonté politique est là, tout s'apprend : pendant la Seconde Guerre mondiale, les Américains ont réalisé des dizaines de porte-avions, avec à leur tête des gens qui, 5 ans plus tôt, étaient notaires, avocats ou plombiers. Il faut du temps pour former une armée lourde. Ce n'est pas inaccessible pour autant. Ce n'est certes pas en deux ans que la Chine rattrapera ce retard, mais c'est tout à fait possible en cinq.

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L'armée chinois est une armée de parti, qui prête allégeance au PC, et surtout, qui n'est pas professionnelle. Cela constitue-t-il une faiblesse fondamentale ?

Du temps de la conscription en France, il y avait des régiments d'appelés, et ce n'était pas eux qu'on envoyait en première ligne. On envoyait des légionnaires. Les armées professionnalisées sont toujours de format plus réduit, et leurs objectifs politiques sont différents : l'armée chinoise est une armée d'occupation, au sens premier du terme.

La capacité de projection de la Chine ne concernera jamais l'ensemble de l'armée populaire. Il serait illogique d'équiper deux millions de soldats chinois de matériel ultra-moderne dont certains n'ont absolument pas besoin. Leur problématique n'est pas d'intervenir sur les îles de la mer de l'est, du sud et de Chine. En revanche, ils ont la capacité de former des forces spéciales, au sens des Marines américains, pour des interventions limités.

Les meilleures armées sont évidemment celles qui sont déjà allées au combat. De ce point de vue-ci, la Chine manque effectivement d'expérience. Il ne faut pas pour autant la dénigrer – ni la sublimer –  : la Chine est tout à fait capable de former une armée de forces spéciales, comme les armées de l'Occident qui tablent d'avantages sur la formation des troupes et leur équipement que leur nombre.

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Un scénario d'envahissement de Taïwan est-il crédible pour le moment ?

Quand on parle de moyens, cela dépend de la hauteur de ce que l'on veut mettre. Les forces sont effectivement stationnées, et la Chine aurait les moyens de développer des actions délicates, dangereuses. Cela dépendrait bien évidemment du taux et de la rapidité de rétorsion en face, mais je ne pense pas qu'on puisse dire de la Chine qu'elle n'a pas les capacités d'envahir Taïwan. Elle est capable de produire des contraintes ou des actions assez déstabilisantes.

La Chine n'a pas connu l'épreuve du feu depuis très longtemps. Une certaine méconnaissance des vraies opérations pourrait-elle la pousser à commettre des erreurs susceptibles d'embraser la région ?

Les Chinois ont une conscience assez claire des risques. Ils connaissent leurs faiblesses et n'ont pas la tentation de jouer avec le feu. Ils n'ont certainement pas envie de sortir à l'aveuglette lors d'opérations où ils ont plus à perdre qu'à gagner. Plus qu'excessivement téméraires, je les pense réfléchis et capable de patience. Sans doute plus que les Occidentaux. Je ne crois pas au côté aventurier qu'on pourrait leur prêter.

http://www.atlantico.fr/decryptage/quelle-capacite-nuisance-militaire-chine-dispose-t-elle-vraiment-xavier-roux-1001898.html

 

« La Chine devient la troisième nation à poser un engin sur la lune », Le HuffPost/AFP, 14-12-2013.

La sonde spatiale Chang'e-3 s'est posée samedi 14 décembre sur la Lune, la Chine devenant ainsi la troisième nation mondiale à réussir un alunissage en douceur après les Etats-Unis et l'URSS, a rapporté la télévision publique CCTV. Après avoir actionné ses rétrofusées pour ralentir, Chang'e-3 a touché le sol dans un territoire nommé la Baie des arcs-en-ciel, où il doit débarquer un véhicule d'exploration téléguidé, le "Lapin de jade".

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Cet exploit technologique, qui marque une étape importante dans l'ambitieux programme spatial de la Chine, est une première depuis trente sept ans : il s'agit en effet du premier alunissage en douceur réussi depuis la mission soviétique Luna 24, en août 1976. Le processus final de descente du module, depuis une altitude de 15 kilomètres au-dessus de la surface lunaire, a débuté à 21h (13h GMT) et a duré douze minutes, selon une diffusion en direct à la télévision chinoise.



Une salve d'applaudissements dans la salle de contrôle à Pékin a salué l'alunissage. Les médias officiels chinois ont immédiatement annoncé le "succès" de l'opération, censée être la plus risquée de la mission. Les puissants réseaux sociaux chinois ont également relayé l'information, avec souvent des accents patriotiques. "Bravo à mon pays!", a par exemple réagi un internaute. "Gloire et longue vie à la Chine!", a écrit un autre.




L'atterrisseur de Chang'e-3, campé sur ses quatre pieds télescopiques, doit déployer une rampe pour permettre au "Lapin de jade", véhicule mobile tout-terrain, de descendre à la surface de la Lune. Cette manœuvre délicate sera envisagée "quelques heures" après l'alunissage, selon un communiqué des autorités spatiales chinoises. Elle interviendra tôt dimanche, a précisé CCTV.

Référence à la mythologie chinoise 




De très nombreux Chinois sont restés éveillés pour suivre le lancement de la sonde spatiale, source de fierté nationale, après avoir été des millions à avoir voté en ligne pour décider comment baptiser le "rover" lunaire, dont le nom fait référence à la mythologie chinoise.




La montée de la fusée et sa sortie de l'atmosphère terrestre ont été ponctuées des commentaires "tout va normalement" des ingénieurs de Xichang. Puis le responsable de la base, Zhang Zhenzhong, a qualifié le lancement de "succès", moins d'une heure après la mise à feu. Le "Lapin de jade" est un engin tout-terrain à six roues, bourré d'électronique et pesant environ 120 kilos. 




Selon la légende, le lapin lunaire -- ou "lièvre de la Lune" -- vit sur la Lune, où il pile l'élixir d'immortalité dans son mortier. L'animal apothicaire a pour compagne Chang'e, la déesse chinoise de la Lune. Le "Lapin de jade" sera chargé d'effectuer des analyses scientifiques, notamment géologiques. Doté de panneaux solaires pour se fournir en énergie, il enverra aussi vers la Terre des images en trois dimensions de son satellite. L'engin sera opérationnel trois mois, durant lesquels il se déplacera à une vitesse maximale de 200 mètres par heure. 




La Chine veut montrer de quoi elle est capable




"Mis à part l'envoi d'astronautes dans l'espace, il s'agit probablement de la mission spatiale la plus compliquée que la Chine ait jamais entreprise", a souligné Morris Jones, un expert australien des questions spatiales. "La volonté de maîtriser les technologies complexes de l'exploration lunaire répond au souci prioritaire de la Chine: montrer qu'elle rattrape progressivement les premières puissances spatiales et s'assurer ainsi une place de partenaire de premier plan dans les coopérations internationales futures", a de son côté expliqué à l'AFP Isabelle Sourbès-Verger, spécialiste du programme spatial chinois au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). 




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Comme pour son premier vol spatial habité, la Chine se trouve toujours dans une phase de rattrapage technologique en reproduisant des expériences réalisées il y a des décennies par les Américains et les Russes. Au sujet du "Lapin de jade", Isabelle Sourbès-Verger note ainsi "un processus d'innovation à la chinoise qui consiste à intégrer de façon originale des éléments qui ne le sont pas forcément (ressemblances avec la structure du rover américain Opportunity et les roues du Lunakhod soviétique de 1976)". 




Le premier pays asiatique à envoyer un homme sur la Lune? 




La Chine consacre des milliards de dollars à la conquête de l'espace, supervisée par l'Armée populaire de libération et perçue comme un symbole de la nouvelle puissance du pays sous l'égide du Parti communiste (PCC) au pouvoir. Un thème s'inscrivant dans le "rêve chinois", le slogan fondateur de la politique du président Xi Jinping. La Chine espère en particulier devenir, dans le cadre de son programme Chang'e, le premier pays asiatique à envoyer un homme sur la Lune, probablement après 2025. Selon le Monde Diplomatique, la Chine rêve également "de surclasser les Américains en envoyant un vaisseau habité sur Mars après 2030".




Les sondes Chang'e-1 (lancée en octobre 2007) et Chang'e-2 (octobre 2010), ont permis, après leur mise en orbite, d'effectuer des observations détaillées de la Lune. Pékin avance aussi à grandes enjambées dans un programme pour se doter d'une station orbitale permanente, et a dans cet objectif amélioré ces deux dernières années sa maîtrise des rendez-vous spatiaux entre modules.

http://www.huffingtonpost.fr/2013/12/14/conquete-spatiale-chine-engin-lune_n_4444819.html

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3- Un potentiel naturel considerable.

Numériser copie 5 

 

4- Les hommes au service de la puissance.

 

« Portrait de la plus grande diaspora du monde » - Atlantico - 04.04.2012

Si des millions de Chinois émigrent pour former la plus grande diaspora mondiale, la Chine n’est elle pas réputée pour être une terre d’immigration. Une situation qui s’explique par des raisons démographiques, sociales et économiques.

La Chine est tout sauf une terre d’immigration. Bien au contraire ! Car depuis plus de vingt siècles les candidats chinois à l’émigration furent très nombreux et pour beaucoup, ils le restent encore. En effet, par delà les statistiques, la réalité des mouvances migratoires de l’Empire du Milieu est issue d’un long processus qui commence avant le premier millénaire de notre ère.

Au regard de cette nouvelle puissance qu’est la Chine, ce processus est totalement différent si on la compare aux autres grandes nations occidentales. Cette évolution est remarquablement située à l’opposé de l’histoire et de l’actualité des flux migratoires, comme aux États-Unis ou en Europe.

Malgré l’attraction légitime qu’exerce cette grande nation au regard de son mode de vie, de ses mœurs, de sa culture cinq fois millénaire, de sa croissance économique exceptionnelle, de ses bénéfices…, nous sommes loin d’une “nouvelle Chine” qui accueillerait sur son immense territoire national des centaines de milliers de nouveaux migrants. De plus, les chiffres nous le démontrent depuis des siècles : les flux migratoires sont inversés.

Plus grande et plus riche diaspora mondiale

En effet, au cours de ces vingt siècles, le peuple chinois a surtout connu de nombreuses vagues d’émigration, tout d’abord en Asie du Sud-Est, puis dans le monde entier. Présents dans plus de 130 pays, dispersés sur les 5 continents, des dizaines de millions de Chinois forment aujourd’hui la plus grande et la plus riche diaspora mondiale. Ce phénomène se comprend au regard de facteurs géographiques, historiques, économiques, sociaux, culturels et politiques.

La Chine a une vision multipolaire. Elle est, au cours de son histoire, soit fermée sur elle-même, soit ouverte au monde. Et les Chinois, malgré eux, se sont ouverts au monde. Cette “autre Chine” - les Chinois d’Outre-Mer - doit être additionnée à la mère patrie, à la Chine continentale et aux nombreuses autres régions et “sphères de culture ou d’influence chinoises”… Notamment en Asie du Sud-Est. Ainsi nous n’avons pas une Chine continentale, la République Populaire de Chine (R.P.C.), mais une “grande Chine” qui est présente sur toute la planète.

Protectionnisme ou immigration choisie ?

Ainsi, à contrario des États-Unis, de l’Europe ou de la France qui ouvrirent leurs portes aux émigrés de presque tous les pays du monde et qui fondèrent une partie de leur idéal ou de leur développement en accueillant en quantité des populations étrangères très variées et aussi rentables, la Chine se distingue par un protectionnisme et le choix d’une “immigration choisie”.

Certes ces propos doivent être nuancés au regard de la curiosité bienveillante, de l’accueil très chaleureux de la Chine et du peuple chinois envers les étrangers, qu’ils soient touristes, étudiants, hommes d’affaires… Mais face à l’attirance nouvelle qu’exerce la Chine et vis-à vis par exemple des jeunes étudiants ou des chefs d’entreprises en quête du nouvel eldorado chinois, la Chine va devoir faire face à un nouveau défi : mieux légiférer et gérer l’arrivée croissante d’étrangers souhaitant s’installer pour recueillir les bénéfices de l’essor de l’économie chinoise.

Plus que pour des raisons politiques, ce protectionniste chinois est de prime abord lié à l’attirance qu’il suscite au regard de ses succès économiques. Puis d’autres facteurs rentrent en ligne de compte : démographie, société et économie. Avec ses 1,4 milliards d’habitants, des jeunes, étudiants, ingénieurs, techniciens, employés, ouvriers et cadres de mieux en mieux formés, la Chine bénéficie d’une main-d’œuvre variée et très abondante sur tout son territoire. Pourquoi irait-elle en chercher ailleurs ? Les compétences ou potentiels requis sont présents sur son territoire. De plus, en Chine, le chômage est également une préoccupation du gouvernement.

Raisons démographiques, sociales et économiques

Il n’en est pas de même pour les migrations internes : des centaines de millions de Chinois migrent vers les régions plus riches ou côtières. Ces métropoles ou ces provinces sont déjà surpeuplées. Il serait difficile d’accepter une immigration massive vers ces principales destinations qui sont justement prisées pour des raisons sociales, économiques et financières. Et de plus, certains membres de la diaspora chinoise n’hésitent plus à retourner vivre en Chine.

Ces dernières années, au regard des données des services du ministère de la Sécurité publique, l’agence officielle chinoise nous communique quelques chiffres. En 2007, 2,85 millions de personnes, plus de 10% des 26 millions d’étrangers entrés en Chine, sont venus dans l’Empire du Milieu pour y trouver un emploi. Si certains en doutaient, avec ses 0,04 % de population immigrée, la Chine est très loin derrière les États-Unis ou la France avec ses 11 %. Même en majorant ces taux, il est aisé de remarquer que la Chine n’est pas un pays de forte immigration.

En 2008, à Pékin, les chiffres étaient de 110.000 étrangers. En 2009, Shanghai comptabilisait une population étrangère de 152.000 personnes, soit une augmentation de 14% par rapport à la même période en 2008. Enfin, au premier semestre 2008, Canton (qui recueille également une grande communauté africaine) comptait 58.000 étrangers.

La plupart des étrangers migrants sont globalement répartis dans les plus grandes villes, métropoles et sur la longue bande côtière chinoise. Peu encore sont partis à la conquête de l’Ouest chinois, là où pourtant, ils seraient très bien accueillis et bienvenus. Car la Chine, super puissance montante est encore un pays en développement, d’où son remarquable potentiel.

Ce n’est pas demain que nous verrons des milliers d’immigrés débarquant dans des aéroports chinois comme ce fut le cas aux États-Unis ou en Europe. Certes, la Chine restera ouverte mais elle ne sera sans doute jamais “une grande terre d’immigration”. Pour toutes sortes de raisons, y compris la barrière de la langue. Il est même prévisible que l’Empire du milieu contrôlera mieux ces entrées. La Chine a opté pour une forme d’immigration choisie. Mais aujourd’hui, comme nous en Europe, cette nouvelle grande puissance planétaire a-t-elle un autre choix ?

http://www.geopopulation.com/20120627/demographie-chine-portrait-de-la-plus-grande-diaspora-du-monde/

 

Une population d’1,34 milliards d’habitants semble un atout exceptionnel. A nuancer… "La Chine, bientôt vieille avant d'être riche"? Le Point.fr, janvier 2013. 

Numériser copie 6

La démographie vieillissante de la Chine menace d'en faire un "pays de vieux", sa population en âge de travailler ayant entamé son déclin en 2012.

Véritable bombe à retardement, la démographie vieillissante de la Chine menace d'en faire un "pays de vieux" avant d'en faire un pays riche, sa population en âge de travailler ayant entamé son déclin en 2012. Durant les 35 dernières années, la nation la plus peuplée de la planète s'est hissée au rang de deuxième économie mondiale grâce à un réservoir de main-d'oeuvre bon marché qui paraissait inépuisable. Mais, aujourd'hui, les inexorables conséquences de la politique de limitation des naissances, appliquée depuis la fin des années 1970, se font sentir et menacent la croissance à venir.

Définie comme celle des Chinois âgés de 15 à 59 ans, la population en âge de travailler a diminué de 3,45 millions de personnes l'an dernier pour la première fois depuis 1963, année qui avait suivi la famine meurtrière du Grand Bond en avant. La baisse devrait s'accentuer dans les années à venir. Et la population dans son ensemble pourrait cesser de croître après avoir atteint 1,4 milliard de personnes vers 2020 (contre 1,354 milliard fin 2012).

Entre 2014 et 2030, le nombre de Chinois âgés de 15 à 64 ans devrait chuter d'environ 40 millions, selon Wang Guangzhou, un chercheur de l'Académie chinoise des sciences sociales. "La population vieillit si vite que nous manquons de temps pour apporter une réponse à la question", selon Li Jun, un autre scientifique de la même institution, pour qui la politique de l'enfant unique a exacerbé le problème. 

Défi crucial

Vers 2060, trois actifs chinois devront subvenir aux besoins de deux personnes âgées de plus de 60 ans, d'après les projections de Li Jun. Actuellement, le ratio est de cinq actifs pour une personne âgée. Cette évolution représente un défi crucial pour le Parti communiste au pouvoir, souligne Ren Xianfang, une économiste basée à Pékin du cabinet IHS Global Insight. "Procurer de la croissance et une sécurité sociale à la population est un facteur-clé pour la légitimité de l'État", selon elle.

La proportion des plus de 65 ans est appelée à doubler de 7 % à 14 % de la population totale en seulement 26 ans. Les États-Unis avaient mis 69 ans à accomplir cette transition. Une population vieillissante signifie moins de personnes disponibles pour l'emploi et des coûts salariaux en hausse. En outre, le niveau très élevé de l'investissement, l'un des principaux moteurs de la croissance chinoise, sera difficile à maintenir si les familles dépensent leurs économies pour soigner leurs aînés. "Sans aucun doute, cela va diminuer substantiellement le potentiel de la croissance de la Chine", estime Yao Wei, économiste de la Société générale basée à Hong Kong.

Accélérer la transformation du modèle

Le gouvernement considère que la limitation de la croissance démographique a été l'une des clés de la prospérité grandissante du pays. Toutefois, le produit intérieur brut par tête en Chine, de 4 560 euros en 2012, ne s'élève encore qu'à une fraction de ce qu'il est dans les pays développés. Les économistes estiment que la Chine doit accélérer la transformation de son modèle de croissance et fabriquer des produits à plus haute valeur ajoutée. "L'âge d'or de l'industrie manufacturière, notamment celle dépendant des exportations, est révolu", selon Yao Wei.

En attendant, le pays reste très mal préparé pour prendre en charge un plus grand nombre de personnes âgées. "La situation n'est pas mûre au plan budgétaire et le filet de sécurité sociale est incomplet", explique l'économiste. Dans les campagnes, un programme de retraites subventionné par le gouvernement a démarré en 2009, mais dans certaines régions, les bénéficiaires ne perçoivent que 55 yuans (6,5 euros) par mois. "Quand je pense à ma retraite, je panique", a déclaré Su Xu, salarié âgé de 30 ans d'une société de cosmétiques.

http://www.lepoint.fr/monde/la-chine-bientot-vieille-avant-d-etre-riche-30-01-2013-1621833_24.php

 

IV- LES DEFIS D’UNE HYPERPUISSANCE

 

1) La question énergétique – Cf. conférence n°7.

 Numériser 3


2) L’enjeu environnemental – Cf. conférence n°7.

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3) Un équilibre politique périlleux – Cf. conférences n°2 et n°7.

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Hong Kong, octobre 2014

 

4) Les défis démographiques et sociaux – Cf. conférence n°2.

 F201007081702231663121874

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5) Les dés

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