3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 16:15

Quelques chiffres pour prendre la mesure de la catastrophe :

- Plus de 21.000 morts et disparus,

- 151.000 édifices, ponts et routes détruits

- 22 millions de tonnes de gravats à déblayer

- Des dégâts estimés entre 150 et 205 milliards d’Euros.

 

I- ETAT DE LA SITUATION.

■ Le refroidissement des réacteurs de la centrale de Fukushima – Documents fournis par TEPCO.

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Les piscines, où repose le combustible usé (dont du MOX, mélange de plutonium et d'uranium). Les piscines sont noyées sous des tonnes d'eau grâce à des grues arroseuses géantes (les « girafes ») 

02 Renforcement de la structure des bâtiments - Documents fournis par TEPCO.

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La vie des 9000 ouvriers sur place - Documents fournis par TEPCO.

04 Empêcher la dispersion de la radioactivité - Documents fournis par TEPCO.

05 La construction d'une superstructure pour couvrir et rendre étanches les bâtiments - Documents fournis par TEPCO.

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II – UN SEISME D’UNE AMPLEUR INEDITE.

Le tsunami, provoqué par le séisme, a propagé des vagues qui ont créé des icebergs géants dans l'Antarctique, à 13.000 km de là ! C’est ce que l’on peut voir sur des images satellitaires diffusées le 9 août par l'Agence spatiale européenne (ESA).

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■ Une zone sismique très complexe. Le Japon est situé au carrefour de 3 grandes plaques tectoniques : les plaques pacifique, eurasiatique et philippine, qui se chevauchent les unes les autres.

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Le principe de la subduction.

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Le séisme du 11 mars, dans la région du Tohoku.

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Le séisme du 11 mars mesuré par les stations GPS.

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III- QUELLES PERSPECTIVES SUR LE PLAN ECONOMIQUE ?

■ « Automobile : le marché japonais au plus bas depuis 1977 » - Article de Yann Rousseau, dans « Les Echos » le 28 septembre 2011.

 15Les ventes devraient reculer de plus de 14 % au Japon cette année. Toyota, Nissan et Honda s'inquiètent surtout de la flambée du yen qui bouleverse leurs plans à l'étranger.

« En 2011, les géants japonais de l'automobile devraient vendre dans l'Archipel autant de véhicules qu'en... 1977. Revoyant à la baisse ses prévisions de vente, la Jama, l'association des constructeurs japonais, a annoncé, hier, qu'elle estimait désormais que seuls 4,25 millions de voitures, camions et autres bus seraient vendus cette année dans le pays. Cela représenterait un recul de 14,2 % par rapport aux performances de 2010. « C'est en gros le niveau d'il y a trente-cinq ans quand je suis rentré chez Nissan », constatait, hier soir, Toshiyuki Shiga, le président de la Jama, également directeur des opérations chez le deuxième plus grand constructeur japonais. 

Pour expliquer ce nouveau recul, les constructeurs pointent l'impact du séisme et du tsunami, qui ont bouleversé pendant plusieurs mois la production automobile et perturbé l'approvisionnement des concessionnaires de l'Archipel. Mais ils évoquent également le vieillissement accéléré de la population, le traditionnel désamour des consommateurs les plus jeunes pour l'automobile et une fiscalité décourageante. 

Selon l'Association des constructeurs, un conducteur qui achèterait aujourd'hui une voiture de gamme moyenne d'un prix de 1,8 million de yens (17.000 euros) et la conserverait onze ans, comme le font en moyenne les consommateurs nippons, devrait payer sur cette durée un montant total de taxes et autres vignettes équivalant à son investissement initial. 

S'ils commencent à intégrer le rétrécissement naturel de leur marché intérieur, qui reste tout de même le troisième plus important au monde, les constructeurs japonais s'inquiètent de plus en plus ouvertement des conséquences du renchérissement du yen sur leur stratégie de croissance à l'international. 

Début septembre, dans un message au nouveau Premier ministre, la Jama avait dénoncé « l'appréciation excessive » de la monnaie japonaise, qui « affecte sérieusement [la] production dans le pays et accroît le risque d'une disparition de l'industrie automobile ». « C'est aujourd'hui notre souci principal », avait insisté Toshiyuki Shiga dans sa lettre ouverte à Yoshihiko Noda. 

Depuis, plusieurs cadres de Toyota ou Nissan ont bruyamment relayé le message et annoncé qu'ils allaient être contraints d'accroître leurs achats de composants en Corée ou en Chine pour ne pas être pénalisés sur leurs chaînes d'assemblage japonaises par la flambée du yen. Si 1 dollar équivalait encore à 91 yens, il y a deux ans, il ne valait plus hier soir que 76,40 yens. » 

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/auto-transport/actu/0201664023973-auto-le-marche-japonais-au-plus-bas-depuis-1977-225264.php

 

■ « La dette japonaise » - Article de Pascal Ordonneau, dans « Les Echos » le 29 août 2011. 

Le Japon dégradé ? N’est-ce pas cela le vrai tsunami ? La dette publique japonaise et les CDS associés seraient chahutés? 

S’agit-il d’un deuxiéme Tsnuami ? Faut-il croire que tout a changé dans l’esprit des Agences de notation : le Japon ne serait plus qu’un invalide sur une chaise roulante lancée sans frein sur la pente des défauts de paiement ? Ou bien, la bénignité, la compassion et la charité démontrées par ces mêmes agences au moment où la nature frappait le Japon, au moment où la terreur du désastre nucléaire ahurissait le monde entier, ne sont plus de mise.

Donc, Moody’s « baisse d’un cran la notation du Japon » et l’a fait passer d’une bonne note sur sa dette à long terme AA2, à une moins bonne AA3. Comme il se doit, la plupart des Etablissements publics et quelques collectivités locales ont été dégradées aussi .Pour bien montrer que ce n’est pas simplement le crédit public qui est en cause mais l’ensemble de l’économie japonaise, Moodies a arrosé large, baissant d'un cran en moyenne la note de la dette à long terme des grands établissements bancaires japonais, tels Mizuho Bank, Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ et Sumitomo Mitsui Banking.

Le Japon dégradé ? N’est-ce pas cela le vrai tsunami ? Comment est-il possible que la deuxième, ou la troisième économie du monde (selon que les statistiques chinoises sont fiables ou non) se retrouve faire la « Une » des journaux économiques comme une vulgaire « Gréce » ou pire encore comme la France, dont les banques sont, en plein mois d’Août secouée comme vulgaires pruniers du Lot. Comme la France ? C’est peut-être aller un peu vite. « Comparaison n’est pas raison » comme disent les journalistes et « il faut raison garder » ajoutent-ils en face d’un Tsunami financier. D’abord, on remarquera que le Japon n’était pas triple A (AAA) comme la France, encore au mois d’août 2011, mais simplement double A (AA). Signe qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. les Etats-Unis étaient AAA avant d’être dégradés en AA . Donc si le Japon était AA comme l’Islande la veille du jour où elle est passée « catégorie spéculative » (la pire), c’était qu’il y avait de fortes raisons.

Le Japon, deuxième ou troisième économie mondiale ne serait pas en bonne santé ? Voilà un pays dont la balance commerciale est en excédent depuis des dizaines d’années. Un pays dont les exportations ne consistent pas en pétrole et autres matières premières, comme le voisin chinois, en produits fabriqués par des ouvriers sous-payés, sans sécurité et corvéables à merci. Voilà un pays dont l’industrie est phare et souvent leader dans les technologies les plus avancées, qui a révolutionné plusieurs secteurs industriels, réinventant les processus industriels de la fabrication automobile, des trains (ce sont quand même eux qui les premiers ont mis en service des trains ultra-rapides), des bateaux etc. et ce pays serait mal en point ? Où est l’erreur ?

Il y a bien non pas une erreur mais une situation économique très originale et dangereuse à terme, connue depuis des années. Ce pays est le plus endetté du monde. Après lui, dans l’ordre on trouve Saint Christophe et Nièvés, le Liban et le Zimbabwe ! La dette publique japonaise (y compris les collectivités locales et les entreprises publiques) représente 225% du PIB. Elle s’élève à plus de 12000 milliards de Dollars, (en yen c’est encore plus astronomique)  pas loin de la Dette publique américaine en volume alors que le PIB japonais est inférieur d’un peu moins de la moitié comparé au PIB américain. Les belles âmes économiques ne cessent de rappeler que cela n’empêche pas le Japon d’être le deuxième détenteur de réserves en devises au monde (1140 milliards de dollars). Cette accumulation n’est cependant pas grand-chose comparée à la dette totale ! D’où vient donc que cette économie dont Hermann Kahn, le célèbre futurologue américain disait il y a quarante ans qu’elle serait le leader économique voire politique du monde, soit aussi lourdement grevée d’une des dettes publiques les plus colossales jamais enregistrées. ?

Cela ne vient pas de la crise de 2008 ! Ni des dépenses publiques générées par un quelconque plan de relance en 2009. La dette japonaise remonte beaucoup plus loin dans le temps. A la fin des années 1980, l’économie mondiale avait subi une récession marquée. L’économie japonaise battait tous les records de croissance, d’enrichissement et de développement technologique et industriel. Une bulle immobilière et boursière s’était aussi constituée qui a alors éclatée, provoquant une situation de récession sur fonds de banques à moitié en faillite plombées par des dettes douteuses sur des milliers d’entreprises petites et moyennes. Le Japon est alors tombé dans une période déflationniste que les politiques gouvernementales de relance par la dépense publique n’ont pu contrecarrer. D’où la dette, produit de déficits publics. Le Japon affiche un des taux de déficit public les plus élevés du monde.

Or l’avenir n’est pas rose pour le Japon : le déficit démographique est maintenant à un point de complet non-retour. La population décroit. La part des personnes âgées dans l’économie ne cesse de progresser ainsi que la part des dépenses sociales, de santé et de retraite. Réduire l’endettement public au Japon par une augmentation des impôts et une réduction des dépenses devient de plus en plus difficile. Bien sûr le Japon demeure une super-puissance. Cela explique peut-être que, pour les agences de notation, « la note AA du Japon reste valide ( alors que ) le crédit de l’Etat japonais s’effondre lentement ».

Selon elles : « Le risque de défaut augmente lentement, mais pas au point où cela changerait quoi que ce soit au stade actuel ». Cela, en effet, n’empêche pas le Yen de monter et de pousser à la baisse les taux d’intérêts qui sont déjà parmi les plus bas du monde, nourrissant ainsi la déflation rampante qui mine l’économie japonaise. Comment pareil paradoxe se conçoit-il ? (paradoxe relatif puisque la perte du Triple A américain, un mois après la dégradation, n’a pas eu d’effet sur les taux d’intérêts des Tbonds.) La réponse est simple : la dette publique Japonaise est détenu à plus de 94% par les Japonais, banques, compagnies d’assurance, banque centrale et particulier. La part très élevée des banques (40 %) est due à la part énorme des placements de la banque de la Poste japonaise (banque publique). Donc les Japonais sont entre eux et les non-résidents à la porte, et paradoxe des paradoxes, cherchent à rentrer !

Tout serait-il donc bien et bon dans un monde japonais moins pire qu’on l’imaginerait ? La situation de la dette publique japonaise se complique avec l’arrivée de retraités qui ne vont plus épargner avec autant de conviction… parce que leurs revenus seront beaucoup moins élevés. Faudra-t-il imaginer un Tsunami sur les rentiers ou une euthanasie (pour reprendre le mot de Keynes) ? Cette masse d’épargne gelée sous forme de financement publique de dépenses de moins en moins productive, n’est-elle pas une trappe à monnaie qui anéantit toute tentative de relance économique ? On a envie de comparer cette situation à celle des pays de l’ex-empire soviétique : l’épargne y était énorme et investie souvent en dettes publiques… était-ce en raison de la richesse des ménages ? En fait, cela venait de ce qu’il n’y avait rien à consommer et rien dans quoi investir ! C’était de l’inflation gelée. Faudra-t-il que les Japonais lance une réforme monétaire et bancaire drastique dans le style de la réforme Erhard en Allemagne à la fin de la Seconde guerre mondiale ? »

http://lecercle.lesechos.fr/cercle/abecedaire/d/221137194/dette-publique-japonaise

 

IV- LE NUCLEAIRE EN QUESTION.

■ Manifestations contre le nucléaire. 

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 Vers les énergies renouvelables ? « Le Japon veut construire des éoliennes au large de Fukushima », 15-09-2011 Challenges.fr  

« D'ici 2015, six éoliennes devraient être érigées au large de la centrale nucléaire accidentée. Cette décision symbolique s'inscrit dans le gouvernement veut présenter un nouveau plan énergétique pour le Japon.

Après le tsunami et l'accident nucléaire de Fukushima, l'heure est à la reconstruction au Japon et aux projets d'énergie renouvelable, pour réduire la dépendance au nucléaire. Les autorités japonaises ont indiqué jeudi 15 septembre qu'ils entendaient ainsi construire un parc éolien au large de la centrale nucléaire accidentée.

"Ceci entre dans le cadre des efforts du gouvernement pour reconstruire la région tout en promouvant une énergie renouvelable", a expliqué à l'AFP un responsable de l'Agence des Ressources naturelles et de l'Energie. "Construire des éoliennes sur la terre serait compliqué à cause des nuisances sonores et des plans d'urbanisme. Nous envisageons donc un parc offshore", a-t-il encore précisé.

Jusqu'à 20 milliards de yens, soit 190 millions d'euros, vont ainsi être provisionnés pour ce projet de six éoliennes, d'une capacité unitaire de 2 mégawatts. A titre de comparaison, un réacteur nucléaire moyen dispose d'une capacité égale ou légèrement supérieure à 1.000 mégawatts.

Ces éoliennes devraient être mises en exploitation d'ici à 2015. Le gouvernement nippon table sur la participation des industriels japonais du secteur, comme Mitsubishi Heavy Industries, Fuji Heavy Industries et Japan Steel Works, a ajouté le responsable de l'agence.

Le gouvernement craint toutefois une contestation des pêcheurs de la région, ruinés par le tsunami qui a détruit une grande partie de la flotte halieutique et par l'accident nucléaire qui a provoqué des rejets radioactifs dans des zones de pêche côtières.

Le nouveau Premier ministre de centre-gauche Yoshihiko Noda s'est engagé à présenter un nouveau plan énergétique pour le Japon d'ici à l'été 2012. L'objectif est de réduire la dépendance au nucléaire et se tourner davantage vers les énergies éoliennes, solaires et géothermiques.

Sur 54 réacteurs installés au Japon, seulement 11 sont aujourd'hui en exploitation commerciale, la plupart des autres étant à l'arrêt à cause d'un séisme ou par précaution depuis l'accident de Fukushima. La part de l'électricité d'origine nucléaire n'a pas dépassé 11,5% du total produit en août au Japon, contre 25 à 30% avant la catastrophe. »

http://www.challenges.fr/monde/20110915.CHA4332/le-japon-veut-construire-des-eoliennes-au-large-de-fukushima.html

 

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