26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 20:51

Première partie :

ATOUTS ET CONTRAINTES DU TERRITOIRE JAPONAIS.

A- Une grande diversité biogéographique.

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■ L'archipel s'étire en latitude, d’où des contrastes forts d'un bout à l'autre. L’insularité et la faible largeur des terres favorisent par ailleurs l'importance des flux d'origines maritimes.

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■ Première ressource « structurelle » : l'eau :

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■ Art et riziculture :

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■ Autre ressource « structurelle » : le bois. La forêt occupe toujours les trois-quarts de l'espace terrestre japonais, et se confond pratiquement avec la montagne.

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 B- Un pays tourné vers la mer.

■ La Z.E.E. (Zone économique exclusive) :

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■ Les courants marins. Le Kuro-shio, courant le plus puissant du monde, rencontre l'Oya-shio le long des côtes de Honshû. Quant à l'Ao-shio (ou courant de Tsushima), issu en partie du Kuro-shio, il rencontre le courant de Riman dans la mer duJapon puis les eaux froides de la mer d'Okhotsk.

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■ L’alimentation, à base de produits de la mer :

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■ Le marché aux poissons de Tokyo.

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C- Un archipel montagneux aux climats variés

■ Quatre îles parmi plus de 4000 représentent 95 % du territoire, soit, sur un total de 378 000 km2 : Hokkaidô (79000 km2), Honshu (227 000 km2), Shikoku (18 000 km2) et Kyushû (36 000 km2). Plus au sud s'étendent les îles des Ryükyû (ou Okinawa)

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■ Les montagnes occupent près des trois-quarts du territoire.

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■ Les climats : mousson d’hiver et mousson d’été.

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■ 5 grandes zones végétales : forêt boréale, forêt tempérée, forêt à feuilles luisantes, forêt subtropicale et montagnes.

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■ Les maisons traditionnelles.

http://www.clickjapan.org/Architecture/Architstructure.htm

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D- Une nature violente.

■ La tectonique des plaques et les fosses.

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■ Le volcanisme. Exemple de l’éruption du Badai-San en 1888.

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■ Le volcanisme. Le Fuji-san.

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Malgré la pluviosité du climat de mousson, le Japon souffre parfois de sécheresse dans les régions abritées comme autour de la mer intérieure Setouchi.

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■ La neige, à Niigata.

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■ Les typhons :

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■ L’architecture antisismique. Le quartier d’affaire de Shinjuku à Tokyo.

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Deuième partie :

UNE HISTOIRE MARQUEE PAR LES CATASTROPHES.UN SEISME D’UNE AMPLEUR INEDITE

 

A- Séismes et croyances populaires .

■ L’araignée, le dragon-serpent et le poisson-chat.

http://urgences-tokyo.com/legendes.html  

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B- Des catastrophes naturelles

■ 1792 : une des plus grosses catastrophes d'origine volcanique. Après le réveil du mont Unzen, sur l'île de Kyushu, un dôme de lave s'effondre brutalement dans l'océan et crée un gigantesque raz-de-marée qui emporte plus de 14.000 victimes.

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■ Les principaux séismes au Japon au XXe siècle.

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■ 1923 : le séisme de la plaine du Kantô, d'une magnitude de 7,9, qui provoque la mort de plus de 200.000 personnes, ensevelies, brûlés ou noyés.

http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1923_de_Kant%C5%8D

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L'écrivain Paul Claudel, ambassadeur de France au Japon, est témoin du drame : « Tout bougeait, c'est une chose d'une horreur sans nom que de voir autour de soi la terre bouger comme emplie tout à coup d'une vie monstrueuse et autonome. Ma vieille ambassade se débattait au milieu de ses étais comme un bateau amarré (…) Les incendies ont commencé de toutes parts les colonnes de fumées s'élèvent, les voies d'eau sont coupées, les pompes écrasées sous les ruines, le vent souffle en tempête, c'est un typhon qui passe en ce moment sur la capitale...»

 

■ 1995 : le séisme de Kobe, de magnitude 7,2.

http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1995_de_K%C5%8Dbe

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■ Extrait d’un blog japonais, 5 février 2011… un peu plus d’un mois avant la catastrophe du 11 mars.

« Ce matin Tokyo a été secouée par un tremblement de Terre d’une magnitude de 5.3 – j’étais dans le train, je n’ai rien senti – 5.3 c’est déjà un chiffre assez important sur l’échelle de Richter, à cette magnitude un tremblement de Terre peut déjà causer des dégâts aux bâtiments.

Alors que dans certaines régions du monde ce genre d’évènement alimenterait les conversations pendant plusieurs jours, au Japon il passe totalement inaperçu. La Terre tremble plusieurs centaines de fois sur l’archipel et le pays a su s’adapter en construisant des bâtiments et structures qui savent résister à des séismes assez importants. Les gens se sentent en confiance et on l’habitude de sentir la terre bouger, et il faudrait bien plus qu’un tremblement de terre d’une force de 5.3 pour inquiéter les Japonais.

Oui mais voilà. Les tremblements de terre plus gros arrivent aussi. Rarement certes mais régulièrement. Le dernier séisme à avoir marqué l’histoire du Japon remonte à 1995 lorsque la ville de Kobe a été touchée par une secousse de 20 secondes d’une magnitude de 7.2.

Bilan: plus de 5.000 morts et 40.000 blessés, 80.000 bâtiments détruits et 300.000 sans-abri. 100 milliards de dollars de dégâts. Et tout ça n’est rien à côté du tremblement de Terre qui toucha Tokyo en 1923 avec une magnitude estimée à 7.9 sur l’échelle de Richter. La catastrophe rasera en grande partie la ville et fera officiellement 141.720 morts. Beaucoup périrent dans des incendies ou des mouvements de panique.

Or on sait qu’un gros séisme se produira encore à Tokyo. Un tremblement comme celui de 1923 a un cycle de deux cents ans, mais d’autres d’une magnitude de 7 arrivent environ tous les 40 ans.

Tokyo est une ville bien préparée avec des immeubles aux normes antisismiques, un dispositif bien rôdé avec des messages d’alerte diffusés à la télévision ou sur les portables, des pompiers compétant et bien équipés, et une population avertie entraînée à réagir correctement en cas d’alerte. Mais cela sera t-il suffisant en cas de gros séisme? Peut-être pas.

En 2000 une estimation du gouvernement japonais chiffrait le nombre de victimes d’un tremblement de Terre d’une magnitude de 7 à Tokyo à 7000 morts, 30.000 blessés et des millions de réfugiés.

Les risques viennent de l’effondrement d’infrastructures comme les ponts, d’incendies avec des maisons construites autour d’une structure en bois, ainsi que des mouvements de foule. Une enquête de la « Commission de prévention des désastres japonaise » datant de 2008 conclue qu’en cas de catastrophe entraînant la paralysie des moyens de transports publics les gens se déplaceront à pied dans les rues au milieu d’une foule d’une densité de 6 personnes pas mètre carré. Des millions de personnes cherchant à regagner leur domicile pourraient être bloquées dans les rues pendant des heures. Un scénario incroyable mais qui se produira probablement dans les années à venir. »

 

■ Après Kobe… Comme l’affirmait il y a quelques années l'un des directeurs de l'Institut national de recherche pour la prévention des désastres (Nied) : « il est essentiel qu'après Kobe les gens sachent que prévoir un séisme est, pour l'instant, pratiquement impossible (…) Tout ce qui s'est passé à Kobe peut arriver à Tokyo. Des autoroutes tomberont, de vieilles maisons s'effondreront, il y aura beaucoup d'incendies, et les immeubles construits avant les années 70 connaîtront d'importants dommages.»  On l’imagine en observant ci-dessous la photographie de Tokyo.

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C- … et l’apocalypse de 1945..

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombardements_atomiques_de_Hiroshima_et_Nagasaki

■ Hiroshima, 6 août 1945.

091A 8h15 du matin, ce jour-là, le commandant Paul Tibbets lâchait sur Hiroshima la première bombe atomique de l'histoire. C'était la fin de la seconde guerre mondiale, et le début de l'ère nucléaire. La bombe allait tuer, d'un coup, 100000 personnes, et provoquer des formes inédites de souffrance humaine. L'Américain John Hersey fut l'un des premiers journalistes étrangers à se rendre sur place, et son témoignage est considéré comme l'un des classiques du reportage de guerre.

« Ce matin là, avant 6 heures, il faisait si clair et si chaud déjà que la journée s'annonçait caniculaire. Quelques instants plus tard, une sirène retentit : la sonnerie d'une minute annonçait la présence d'avions ennemis, mais elle indiquait aussi, par sa brièveté, aux habitants de Hiroshima qu'il s'agissait d'un faible danger. Car chaque jour, à la même heure, quand l'avion météorologique américain s'approchait de la ville, la sirène retentissait (…).

Le matin était redevenu calme, tranquille. On n'entendait aucun bruit d'avion. Alors, soudain, le ciel fut déchiré par un flash lumineux, jaune et brillant comme dix mille soleils. Nul ne se souvient avoir entendu le moindre bruit à Hiroshima quand la bombe a éclaté. Mais un pêcheur qui se trouvait sur sa barque, près de Tsuzu, dans la mer Intérieure, vit l'éclair et entendit une explosion terrifiante. Il se trouvait à trente-deux kilomètres de Hiroshima et, selon lui, le bruit fut beaucoup plus assourdissant que lorsque les B-29 avaient bombardé la ville d'Iwakuni, située à seulement huit kilomètres.

Un nuage de poussière commença à s'élever au-dessus de la ville, noircissant le ciel comme une sorte de crépuscule. Des soldats sortirent d’une tranchée, du sang ruisselant de leurs têtes, de leurs poitrines et de leurs dos. Ils étaient silencieux et étourdis. C'était une vision de cauchemar. Leurs visages étaient complètement brûlés, leurs orbites vides, et le fluide de leurs yeux fondus coulait sur leurs joues. Ils devaient sans doute regarder vers le ciel au moment de l'explosion. Leurs bouches n'étaient plus que blessures enflées et couvertes de pus...

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Des maisons étaient en feu. Et des gouttes d'eau de la taille d'une bille commencèrent à pleuvoir. C'étaient des gouttes d'humidité condensé qui tombaient du gigantesque champignon de fumée, de poussière et de fragments de fission qui s'élevait déjà plusieurs kilomètres au-dessus de Hiroshima. Les gouttes étaient trop grosses pour être normales. Quelqu'un se mit à crier : «Les Américains nous bombardent d'essence. Ils veulent brûler!» Mais c'étaient des gouttes d'eau évidemment, et pendant qu’elles tombaient le vent se mit à souffler de plus en plus fort, peut-être en raison du formidable appel d'air provoqué par la ville embrasée. Des arbres immenses furent abattus ; d'autres, moins grands, furent déracinés et projetés dans les airs où tournoyaient, dans une sorte d'entonnoir d'ouragan fou, des restes épars de la cité : tuiles, portes, fenêtres, vêtements, tapis…

Sur les 245.000 habitants, près de 100.000 étaient morts ou avaient reçu des blessures mortelles à l'instant de l'explosion. Cent mille autres étaient blessés. Au moins 10000 de ces blessés, qui pouvaient encore se déplacer, s'acheminèrent vers l'hôpital principal de la ville. Mais celui-ci n'était pas en état d'accueillir une telle invasion. Sur les 150 médecins de Hiroshima, 65 étaient morts sur le coup, tous les autres étaient blessé. Et, sur les 1780 infirmières, 1654 avaient trouvé la mort ou étaient trop blessées pour pouvoir travailler. Les patients arrivaient en se traînant et s’installaient un peu partout. Ils étaient accroupis ou couchés à même le sol dans les salles d'attente, les couloirs, les

laboratoires, les chambres, les escaliers, le porche d'entrée.et sous la porte cochère, et dehors à perte de vue dans les rues en ruines... Les moins atteints secouraient les mutilés.

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Des familles entières aux visages défigurés s'aidaient les unes les autres. Quelques blessés pleuraient. La plupart vomissaient. Certains avaient les sourcils brûlés, et la peau pendait de leur visage et de leurs mains. D'autres, à cause de la douleur, avaient les bras levés comme s'ils soutenaient une charge avec leurs mains. Si on prenait un blessé par la main, la peau se détachait à grands morceaux, comme un gant...

Beaucoup étaient nus ou vêtus de haillons. Jaunes d'abord, les brûlures devenaient rouges, gonflées, et la peau se décollait. Puis elles se mettaient à suppurer et à exhaler une odeur nauséabonde. Sur quelques corps nus, les brûlures avaient dessiné la silhouette de leurs vêtements disparus. Sur la peau de certaines femmes – parce que le blanc reflétait la chaleur de la bombe, et le noir l'absorbait et la conduisait vers la peau –, on voyait le dessin des fleurs de leurs kimonos. Presque tous les blessés avançaient comme des somnambules, la tête dressée, en silence, le regard vide.

Toutes les victimes ayant subi des brûlures et les effets de l'impact avaient absorbé des radiations mortelles. Les rayons radioactifs détruisaient les cellules, provoquaient la dégénération de leur noyau et brisaient leurs membranes. Ceux qui n'étaient pas morts sur le coup, ni même blessés, tombaient très vite malades. Ils avaient des nausées, de violents maux de tête, des diarrhées, de la fièvre. Symptômes qui duraient plusieurs jours. La seconde phase commença dix ou quinze jours après la bombe. Les cheveux se mirent à tomber. Puis vinrent la diarrhée et une fièvre pouvant atteindre 41 degrés.

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Vingt-cinq à trente jours après l'explosion survenaient les premiers désordres sanguins : les gencives saignaient, le nombre de globules blancs s'effondrait dramatiquement tandis qu'éclataient les vaisseaux de la peau et des muqueuses. La diminution des globules blancs réduisait la résistance aux infections ; la moindre blessure mettait des semaines à guérir ; les patients développaient des infections durables de la gorge et de la bouche. A la fin de la deuxième étape - si le patient avait survécu - apparaissait l'anémie, soit la baisse des globules rouges. Au cours de cette phase, beaucoup de malades mouraient d'infections dans la cavité pulmonaire.

Tous ceux qui s'étaient imposé un certain repos après l'explosion avaient moins de risques de tomber malades que ceux qui s'étaient montrés très actifs. Les cheveux gris tombaient rarement. Mais les systèmes de reproduction furent affectés durablement : les hommes devinrent stériles, toutes les femmes enceintes avortèrent, et toutes les femmes en âge de procréer constatèrent que leur cycle menstruel s'était arrêté...

Les premiers scientifiques japonais arrivés quelques semaines après l'explosion notèrent que le flash de la bombe avait décoloré le béton. A certains endroits, la bombe avait laissé des marques correspondant aux ombres des objets que son éclair avait illuminés. Par exemple, les experts avaient trouvé une ombre permanente projetée sur le toit de l'édifice de la chambre de commerce par la tour du même bâtiment. On découvrit aussi des silhouettes humaines sur des murs, comme des négatifs de photos. Au centre de l'explosion, sur le pont qui se situe près du Musée des sciences, un homme et sa charrette avaient été projetés sous la forme d'une ombre précise montrant que l'homme était sur le point de fouetter son cheval au moment où l'explosion les avait littéralement désintégrés... »

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